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Ce n’est pas facile de chroniquer une série lorsque tous les épisodes sont liés dans un ordre logique chacun apportant sa pierre à la progression de l’histoire, et que les personnages sont assez nombreux à y évoluer. Les quatre précédents épisodes m’ont amenée à m’attacher à ceux-ci y compris Jave dont la quête secrète me fascine autant qu’elle m’inquiète parfois.

Aussi, à vous de décider si vous souhaitez lire cet avis ou le mettre de côté.

Nous retrouvons dès le début Elaine qui souvenez-vous était en bien mauvaise posture dans ce camp d’illuminés s’attendant à être dévorée par des zombies. C’est oublier que Jave veille et encore une fois elle va se trouver face à lui. Bien qu’hésitante, elle se résout à lui accorder sa confiance et une sorte de pacte est passé entre eux. Elaine n’a guère l’occasion de se reposer et se lance à nouveau dans une course effrénée, toujours soucieuse du devenir de Dew et Alison.

De leur côté les aliens continuent de traquer leur marchandise.

Quant à Hector, on se demande bien ce qu’il devient.

Et puis, il y a Masters, Bruce, Alva et les enfants qui se réfugient dans la maison ( bunker ) du père du jeune biologiste. Oui, un vrai bunker où ils sont persuadés d’être à l’abri des zombies, d’avoir des provisions et un repos bien mérité.

Evidemment, cela ne peut pas être aussi simple, vous en conviendrez, c’est pourquoi le Révérend et ses acolytes pointent rapidement le bout du nez. J’avoue que ce que l’auteur a trouvé comme astuce pour déstabiliser les retranchés de la maison m’a fait bien rire juste à imaginer la scène. Bon, c’est aussi un peu comment dire …gore ? En même temps, Stéphane Desienne écrit une série zombies et aliens donc il faut bien se douter qu’à certains moments le tableau n’est pas très follichon. Toujours est-il que personnellement ça m’a amusé, c’est même carrément génial.

L’auteur sait maintenir le suspense, d’ailleurs ce n’est qu’à la toute fin de Jool que l’on comprend le titre.Toujours aussi bien écrit, rythmé, et créatif, c’est une série que je recommande vivement à tous ceux qui veulent découvrir des histoires de zombies ET d’aliens qui diffèrent de tout ce qu’on peut voir et ou lire par ailleurs.

Bon sang, quand donc un réalisateur se pointera pour adapter Toxic en série télévisée ?

Toxic, épisode 5 : Jool est à 1 € 49 ( multi-formats) par exemple sur L’immatériel  La liste des autres distributeurs sur le site de l’éditeur Walrus.

Retrouvez mon avis sur les précédents épisodes ici.

Soyez attentifs et suivez l’actualité de Stéphane Desienne et de l’éditeur Walrus car l’épisode 6 ne va plus tarder. Le site internet de Stéphane Desienne.

Jacques l'étripeur - Cécile Benoist Editions de Londres – Coll. East End  Ebook - Novembre 2013

Jacques l’étripeur – Cécile Benoist
Editions de Londres – Coll. East End
Ebook – Novembre 2013

Jacques l’étripeur

Jacques est boucher dans les beaux quartiers de Toulouse. Assez logiquement il est surnommé Jacques l’étripeur.

Hélas pour lui, il déteste de plus en plus son métier, l’odeur de la viande le rebutant à un tel point qu’en secret, à l’abri de son appartement, il est devenu végétarien. Un jour, regardant la télévision, un documentaire happe son attention. Y est relaté l’histoire de Sambou l’étripeur de gazelles là-bas au Sénégal, à Guédiawye.

Boucher ce n’était pas le rêve de Jacques, loin de là

C’est vrai qu’il rêvait de grandeur, le petit Jacques, lorsqu’il était enfant. Et tout le monde le sait : quand on n’accomplit pas ses rêves de gosses, on s’avachit, on ne meurt pas vraiment mais on se dissout dans le grand tout, comme ça, sans que personne ne remarque rien.

Notre Jacques toulousain finit par craquer, laisser derrière lui la barbaque pour devenir dealer. Curieusement, il n’arrive pas à se déplacer sans sa mallette. Et tout aussi curieusement le documentaire l’obsède de plus en plus.

Je ne vous dis rien de plus concernant l’histoire en elle-même, ce serait un défi d’en parler sans en déflorer le suspense.

J’aime bien le style de l’auteur qui allie la tchatche toulousaine, l’ambiance de la ville, une description intime et psychologique du personnage très intéressante. Une nouvelle noire bien menée dans laquelle elle parvient à égratigner les médias, et les mentalités de certains profitant d’un fait divers pour effectuer des sauts en arrière. Cela vous le découvrirez en lisant ce récit.

Toute en suggestion, cette nouvelle parvient à créer le malaise et le frisson d’horreur. Pas d’hémoglobine à outrance mais des images éloquentes, une antre faite d’odeurs, de sons, d’outils.

Toulouse, le Sénégal se trouvant mêlés intelligemment.

Une belle réussite pour ce premier appel à texte publié sur le sujet de Jacques l’éventreur.

Jacques l’étripeur de Cécile Benoist est le premier texte de la série Jacques l’éventreur ( un deuxième est paru récemment ). Il existe un appel à texte permanent, je vous invite à le consulter 

Une interview de l’auteur sur le site de la Collection East End

Ebook a 1 € 99 sur L’immatériel par exemple, ou consultez la liste des revendeurs sur le site de l’éditeur

Martin le Bouillant - Régine Detambel  Editeur Publie.net - Coll.Temps réel 09/06/2013

Martin le Bouillant – Régine Detambel
Editeur Publie.net – Coll.Temps réel
09/06/2013

Martin le bouillant

Martin est une jeune garçon de 12 ans qui vit seul avec sa mère dans un HLM d’une cité.

Martin que nous suivons au quotidien, qui avec son ami Seb partage la même étrange passion pour les piqûres de frelons et de guêpes comme des «  tatouages ». Martin qui navigue entre les dealers, le PMU, les déshérités, abandonnés au bord du chemin, les fantasques et sa mère qu’il tente d’aider du mieux possible. Sa mère qui l’a nommé Martin le bouillant afin qu’à l’image du Saint il donne la moitié de son manteau pour aider les nécessiteux.

Régine Detambel a écrit ici un magnifique texte qui malgré la dureté de certains passages est au final un récit empreint d’espoir et de poésie. Nous suivons le jeune Martin à son rythme, sans temps mort comme la vie qui bouillonne en lui. Quelque part nous faisons l’apprentissage en même temps que lui, l’apprentissage d’une vie loin d’être facile mais dont il sait tirer le meilleur y compris lorsqu’il va se trouver en haut d’un immeuble, et peut-être surtout à cet endroit. Certains passages m’ont beaucoup plus émue entre autre celui où il aide un ami à supporter la perte de son compagnon à poils.

Un extrait :

J’ai découvert que laver les vitres est une autre façon d’être, comme acteur ou prêtre.Il peut aussi m’arriver de détester être debout sur un appui de fenêtre : intérieurement je rêve d’être à la maison à manger des spaghettis avec de l’emmental râpé. Plutôt que faire des vitres, j’aurais parfois envie de regarder la télé, mais le repos me plonge dans des états d’anxiété parce que parfois j’ai trop peur de voyager dans ma tête. Penser peut vraiment te jeter en enfer.

Je ne connaissais pas du tout l’auteur, qui a pourtant une belle bibliographie. Je suis enchantée de l’avoir découverte au travers de ce roman. Une chose est certaine je lirai d’autres de ses œuvres. J’ai également été charmée par Régine Detambel en écoutant les émissions de France Culture ( lien ci-après).

Sur France Culture Régine Detambel lit les premières phrases du roman et répond à quelques questions

La fiche de l’auteur sur le site de l’éditeur, Publie.net

Martin le bouillant : 4 € 99 ( tous supports ) sur le site de Publie.net  ou sur L’immatériel par exemple.

HollywoodHollywood a dit ( Daddy, à dada ) de Dominique Sarrazin

Il s’agit d’un discours prononcé à Lille par Dominique Sarrazin ( auteur-metteur en scène ) le 17 janvier 2003 au Splendid Fives, soirée paroles et musiques nommée « Concert pour la paix ». Je l’ai relu ce matin, et j’ai ressenti le même enthousiasme qu’à la première lecture, aussi à défaut de publier une chronique de lecture, j’ai trouvé intéressant d’en partager un extrait avec vous.

Je reprends la présentation de l’éditeur Sansonnet.

« La guerre, vous croyez que c’est mort et blessures, souffrances et ruines, enfants affamés…bref, le règne de l’artillerie et de la sauvagerie ? Si vous pensez cela, vous ne savez pas ce qui compte pour les êtres surhumains qui dirigent la majeure partie de la planète. Si vous vous apitoyez sur les futures victimes, vous ne comprenez rien au destin manifeste des grandes démocraties et votre opinion ne vaut pas cher – c’est Hollywood qui vous le dit. »

Ci-dessous un extrait.

C’est ça un empire. C’est quelque chose ou quelqu’un qui décide d’être pour tout le monde le seul méridien de Greenwich et le premier chapitre de l’histoire.

L’essentiel c’est que ça marche, dit le prêcheur texan et ÇA MARCHE c’est le fondement réel de la constitution américaine, jamais écrit et toujours appliqué : Efficiency

« Dynamisme et souplesse » en bon français du Medef. Les autres comprennent pas trop bien, c’est pourquoi le Texan traite les artistes et les intellos américains de Français.

L’empire, c’est la morale particulière de l’immoralisme général, c’est le moralisme en guise de politique et l’économie en guise de morale ( il y a des écoles en France).

Quand on tient l’audimat par la morale, c’est plus de la politique, c’est le concile de Trente mixé avec « Qui veut gagner des millions ? »

L’empire c’est : vous discutez avec mes arguments mais vous ne discutez pas mes arguments.

Alors il faut d’autres mots, des mots d’auteur, du cinéma d’auteur, de la VO, de la pensée, des chiffres, ceux qui sont sous les chiffres et qui se calculent en ventres ouverts, têtes fracassées, suicides, overdoses, désespoir de cause. Il faut de l’humour, de la résistance scientifique, on est des millions à être quelques uns. On est des millions à ne pas être de la secte, à ne pas être terroristes, on est des millions à aimer l’Amérique, celle qui ne s’aime pas comme elle est, on est des millions à ne plus tolérer les zéros de la tolérance économique maximum, on veut bien marcher avec des Nike ( on n’est pas puritains nous ) mais on ne veut pas marcher comme Nike. On veut bien s’envoyer un coca avant d’aller à l’école ou après le boulot mais on ne veut pas être obligé de boire du coca our avoir le droit d’aller à l’école ou au boulot.

On est des millions-et certains millions plus que d’autres-à savoir qu’il n’y a pas de guerre hygiénique dans une porcherie. On est des millions à exiger le haut de la politique et pas les bas-fonds de l’économie. On est des millions à ne plus supporter le moralisme des punisseurs impunissables, des démocrates invérifiables et des contrôleurs incontrôlables. On est des millions à comprendre aujourd’hui que ce n’est pas la merde qui préoccupe l’empire, c’est de conserver le monopole de la pompe à merde et du nettoyage ( chanson : Pompe à merde, pompe à pétrole ; pompe à pétrole, pompe à merde ).

On est des millions à réclamer le final-cut sur nos films, nos vies, notre avenir. Nos épisodes sont à nous et l’histoire ne commence pas le 11 septembre, elle a déjà eu lieu, elle se continue, elle aura lieu. Il nous faudra encore Sophocle et Shakespeare mais plus Bush et Sharon.

Hey man ! Fais gaffe !

L’Histoire on est dedans !

Editions Sansonnet : 73 rue de Rivoli – 59800 Lille

Ce petit livret coûte 1 €, cependant j’ai l’impression qu’il est difficile à trouver.

La dernière guerre - Neil Jomunsi Auto-édition – Ebook Projet Bradbury N°10 Couverture :Roxane Lecomte

La dernière guerre – Neil Jomunsi
Auto-édition – Ebook
Projet Bradbury N°10
Couverture :Roxane Lecomte

La dernière guerre

 

Ce qu’en dit l’auteur : C’est l’histoire d’une naissance et d’une vie brève. L’histoire du monde et de l’univers tout entier condensée dans l’enveloppe d’un insecte insignifiant. L’histoire de nos combats, de nos peurs et de nos joies, des sentiments programmés dans nos systèmes nerveux bien avant notre venue au monde. L’histoire d’une destinée mécanique et absurde, dont la simplicité est la clef. L’histoire d’une abeille.

J’ai lu cette nouvelle avant que Neil Jomunsi ne publie l’article relatif, privilège du souscripteur.

Je ne reviens pas sur l’histoire en elle-même étant donné que le pitch la présente parfaitement.

J’ai surtout envie de mettre l’accent sur la performance étonnante de l’auteur : s’imaginer dans la peau d’une abeille ce n’est pas banal et encore moins chose aisée à mon avis. L’auteur s’est trituré les méninges autour du vocabulaire, des comparatifs, et du mode de vie et fonctionnement d’une ruche.

Le résultat est déroutant, puisqu’il s’agit d’un récit qui tient du fantastique alors qu’il est on ne peut plus réaliste.

J’ai oscillé entre le sentiment de vivre un rêve et celui de m’immerger dans ce que peut être une vie d’abeille.

C’est beau, doux, puissant, empli d’émotions diverses.

Un extrait :

A son réveil quelque chose avait changé. Elle pouvait désormais sentir la terre palpiter sous elle. Le ciel se trouvait quelque part au-dessus, sans qu’elle puisse toutefois s’expliquer en quoi consistait ce qu’elle appelait ciel. Elle s’en accommoda. 

Une bien belle expérience et performance d’écriture pour cette dixième nouvelle du Projet Bradbury.

A mon avis la plus surprenante, la plus fouillée aussi.

Lire l’article de l’auteur à propos de cette nouvelle 

Comme les précédentes La dernière guerre ne vous coûtera que 99 cts d’€ chez Amazon  Smashwords  et Kobo 

Le plus intéressant et encourageant pour l’auteur est la souscription à l’intégralité du Projet Bradbury 

L’avis de Deidre et le bilan du deuxième mois de souscription chez Lise Capitan

Bonne lecture !

J’ai partie liée – Texte de Julien Dupont pour et avec le Collectif éphémère in l’album Maïs chaud

J’ai partie liée avec le sexe enjôleur des anges
J’ai partie liée avec les croûtes de Michel Ange
J’ai partie liée avec le ventre fou des falaisesmaïs
J’ai partie liée avec la confiture à la fraise
J’ai partie liée avec les 26 lettres de l’alphabet
Avec ceux qu’on retourné la télé
J’ai partie liée avec les 12 demi-tons de la gamme
Avec ceux qu’ont mis le feu à leur âme
J’ai partie liée avec les accros de l’ivresse
Avec les édentés les flingués de la vitesse
J’ai partie liée avec les putes du boulevard Ney
Avec ceux qu’on refusé de mourir avant de crever
J’ai partie liée avec les joueurs de tambours
Avec ceux qui bandent sur l’amour
Avec ceux qu’on du coeur au ventre
Avec les rigolos, les allumés, les pas sérieux, les déjantés
J’ai partie liée avec le couscous et le mafé
Avec Apollinaire et Bob Marley
J’ai partie liée avec les nègres et les pédés
Avec le foutre chaud de l’instant
Avec la fantaisie du vent
J’ai partie liée avec les slameurs fous,
Les musiciens de jazz, les insomniaques
J’ai partie liée avec les singes
Les danseurs de tango
Les ramasseurs d’ordures
Les comédiens ratés, les doux rêveurs
les amoureux transis, les transistors taris
Les magnums de champagne et les belles gueules qui se crament
J’ai partie liée avec les maudits de la nuit
Les mots dits de la nuit, les enfantaisies
J’ai partie liée avec la forêt, avec les chiens
Avec l’herbe verte des chemins
J’ai partie liée avec les  » soleils de l’intérieur  »
Libérons nos soleils, libérons nos soleils
J’ai partie liée avec le bleu de la mer
J’ai partie liée avec les poissons de la mer
J’ai partie liée avec mes frères
J’ai partie liée avec mon père qui est comme un dieu pour moi
Qui suis stupide et sale
Et très égocentrique

 Cliquez pour écouter

Les étoiles regardent aussi : Tome 1 Mendung

Mendung ( T 1 Les étoiles regardent aussi )  Julien Morgan Ebook - Autopublié Couv : Lysander Keris Sept- 2013

Mendung ( T 1 Les étoiles regardent aussi )
Julien Morgan
Ebook – Autopublié
Couv : Lysander Keris
Sept- 2013

Le résumé : Un demi-siècle après qu’un signal extraterrestre a été capté à l’observatoire de Lembang, en Indonésie, le vaisseau d’exploration le Geminga découvre, dans la constellation du Toucan, une planète qui pourrait en être l’origine. Malheureusement, à peine a-t-il débarqué dans le système solaire que le monde est attaqué par une armada de vaisseaux spatiaux et dévasté par des milliers d’explosions thermonucléaires. A la fois choqué par cette tragédie et inquiet des retombées politiques, l’entrepreneur Jari Orison lance une mission scientifique dans l’espoir de comprendre ce qu’il s’est passé.

Bon je vais pas vous la raconter, le résumé est impeccable mais oui, j’ai beaucoup aimé. Le reproche que je fais est que niveau technique ce n’est pas à la portée de tout le monde MAIS cela donne de la crédibilité à ce space-opéra pour les purs et durs du genre, donc finalement c’est sans aucun doute un bon point pour Julien Morgan

En fait je me suis immergée dans le récit très rapidement, cette histoire de signal, et d’holocauste m’interpellant grandement.

Ensuite, ça prend une ampleur trépidante. Plein de personnages dont l’ héroïne principale, Tallulah qui dans la vie est le matou de l’auteur. Des personnages nombreux mais auxquels on s’attache parce qu’ils sont bons ou au contraire extrêmement détestables.

On trépigne d’en savoir plus, quelques passages paraîtront sans doute plus obscurs mais rapidement on se laisse séduire par les personnages. Mine de rien Julien Morgan nous fait cogiter et c’est cool.

J’ai toujours un faible pour les histoires qui mêlent politique et récit, et ici on retrouve tout ça.

Alors oui je suis pas fortiche en SF, je redécrouvre depuis ma liseuse et là, j’ai été bien servie.

J’ai eu peur aussi quand l’expédition arrive sur Mendung, les habitants ne sont pas à proprement parler hospitaliers mais ajoutez à cela mon goût pour les intrigues et vous comprendrez d’autant mieux mon intérêt pour Mendung et ma curiosité quant à la suite. La musique qui a accompagné Mendung est ici et franchement je comprends à fond.

La chronique déjantée et indispendable de Lilian Peschet

Mendung sur le site de l’auteur

Je vous ai déjà parlé de Julien Morgan avec  Un tour de montagnes russes le soir de la Saint Thorlak

Sur Amazon, SamshWords, itunes, kobo etc à 2 € 95

Bonne découverte à tous !

1888 de Céline Etcheberry  Editions Walrus - Coll. MICRO  Ebook - Octobre 2013

1888 de Céline Etcheberry
Editions Walrus – Coll. MICRO
Ebook – Octobre 2013

1888

Le pitch par l’éditeur :Entre Jack et sa montre à gousset, c’est une vieille histoire d’amour : la délicate pièce d’horlogerie est une fidèle amie et il ne faudrait pas qu’il lui arrive malheur. Mais les rues de Londres, en cette fin de dix-neuvième siècle, sont quelquefois mal fréquentées. Et ce ne sont pas les victimes de Jack qui vous diront le contraire. Nuit après nuit, alors que la célébrité n’a pas encore frappé à la porte, Jack écume les ruelles sombres pour assouvir sa soif de sang. Mais cette soif lui appartient-elle vraiment ?

1888 est un texte court (environ 40 pages) de la collection Micro aux éditions Walrus.

Le personnage de Jack, vous l’aurez deviné, fait référence au célèbre éventreur. Ici, Céline Etcheberry revisite son histoire en mêlant le roman noir et le fantastique : un mélange qui fonctionne merveilleusement bien d’autant que le suspense est très bien maîtrisé.

En fait ce n’est pas lui le personnage principal de cette nouvelle, mais sa fameuse montre à gousset.

Cette faim que Jack ressent, il la gère de plus en plus mal et son errance dans ce quartier mal famé prend des tournures de plus en plus dangereuses y compris pour lui-même.

Céline Etcheberry nous invite dans l’esprit de ce tueur nous plongeant dans la perplexité et l’angoisse allant crescendo.

Oui, l’angoisse qui du début à la chute de cette nouvelle, ne nous quitte pas. Il faut dire que le cadre de 1888 s’y prête bien, ce quartier de Londres mal famé est l’endroit par excellence pour ce récit.

De manière assez paradoxale, c’est limite si j’ai pas ressenti de la peine pour Jack. Pourquoi ? Ben lisez-la et vous comprendrez !

L’écriture est vive et précise comme si vous regardiez sur un écran un court-métrage. C’est à mon avis ce qui caractérise aussi le talent d’un auteur.

Parlant de cela, plus je lis des textes courts, ceux de la collection Micro de Walrus par exemple, plus je m’interroge, me demandant comment il se fait qu’aucun vidéaste ne se soit encore intéressé à la mise en scène de ces textes comme Alfred Hitchcock présente ?

Cette nouvelle est comme pour toutes les autres au prix de 99 cts d’€, vous pouvez l’acquérir entre autre sur L’immatériel 

Le blog de Céline Etcheberry  EncreLyre 

La suivre sur twitter : @EncreLyre

Kindergarten Neil Jomunsi Auto-édition – Ebook Projet Bradbury N° 9 Couverture :Roxane Lecomte

Kindergarten
Neil Jomunsi
Auto-édition – Ebook
Projet Bradbury N° 9
Couverture :Roxane Lecomte

Kindergarten

Le pitch : Dieter est un adulte que les enfants adorent. Chaque jour, les pensionnaires du jardin d’enfants se pressent autour de l’éducateur pour recevoir consolation et encouragement. Mais Dieter est aussi un adulte un peu spécial qui voit des choses que les autres n’imaginent pas. De plus, l’endroit sur lequel la garderie a été construite est rempli de mauvais souvenirs et de fantômes. Pas étonnant donc que les autres employés le prennent pour un dangereux fou. 

J’ai été touchée par cette nouvelle pour plusieurs raisons.

D’abord Dieter un petit enfant dans un corps d’homme, un «  simplet » comme il se dit encore dans les campagnes. Pourtant c’est sans aucun doute ce qui permet à ce jeune homme de ressentir autant les « vibrations » environnantes. Dieter, un cœur simple et bon. Et qui dit gentillesse dit en contre-pied méchanceté et bassesse, en occurrence ici il s’agit de ses collègues et des parents d’élèves ( à vous de découvrir en quoi ).

Ensuite, je ne sais pas si cela vous est arrivé, mais certains sites conservent en eux des traces invisibles de leur histoire, ici on peut parler de fantôme, et pas n’importe lequel. Non, je n’en ai jamais vu ! Par contre, oui, ( je n’ai pas peur de le dire), j’assume très bien, il m’est arrivé de « sentir » dans les murs ou dans l’image quelque chose que je ne saurais définir. Folle ? Je ne pense pas. Evidemment, dans certains cas comme ici on sait très exactement sur quel bâtiment ce jardin d’enfants à été construit et quel est le personnage qui le hante. Le talent de Neil Jomunsi est de nous faire naviguer entre trouille et sourire. Ça me fait penser à certaines histoires d’horreur qui se situent sur des cimetières indiens par exemple ou des lieux d’ exécutions. Mais là, pas de terreur, rassurez-vous âmes sensibles. Ceci dit étant amatrice de Masterton et Koontz cela me plairait bien de voir ce que l’auteur serait capable d’écrire dans ce genre, surtout en format court.

La présentation de la nouvelle par Neil Jomunsi sur le blog et le retour d’une lectrice sur L’avis de Deidre 

Vous pouvez vous abonner à l’intégralité du Projet Bradbury via cette page par cette solution, l’auteur nous offre des bonus.

Toujours à 99 cts d’€ sur Amazon, Kobo et Smashwords
Un premier audio-livre Le dernier jour d’école à écouter par ici

A ce propos, si vous êtes musicien, même amateur, Neil Jomunsi cherche des personnes pour marier récit et musique. Faites suivre. 

Confusion des peines - Julien Blanc Editions Libretto Parution octobre 2013

Confusion des peines – Julien Blanc
Editions Libretto
Parution octobre 2013

Confusion des peines

Seule, la vie…, I

J’ai eu le plaisir de recevoir cette auto-biographie de Julien Blanc grâce à l’opération masse-critique organisée par Babelio  que je remercie sincèrement ainsi que l’éditeur Libretto.

Le mot de l’éditeur : « Que fut mon enfance ? Une suite d’erreurs. Erreurs de la part de ceux qui veulent les enfants comme ils les aiment, au lieu de les aimer comme ils sont. »

Orphelin recueilli par une marraine aussi bigote qu’austère, Julien Blanc sera rapidement envoyé à l’orphelinat puis en maisons de redressement à une époque où ceux qui ne filaient pas droit n’avaient que les coups ou la charité pour avenir. Il y apprendra la faim, l’humiliation et ne deviendra que révolte : une révolte qu’il partage ici sans artifice et qui n’altérera en rien ses rêves.

Mon avis :

De cette époque, je ne connais réellement que la Grande Guerre comme les contemporains l’appelaient. L’histoire de Julien Blanc débute à Paris en 1908, né orphelin de père, sa mère est son univers, son unique amour. Celle-ci se tourne vers les dames d’oeuvres pour survivre. L’une d’entre elle devient sa marraine, et persuade sa mère de le faire baptiser. C’est ainsi que sa maman devint bonne à tout faire. C’est elle qui lui apprit à lire, écrire, calculer et quelques notions de piano.

Aux huit ans de son fils, elle meurt et est enterrée en fosse commune. C’est alors le début de la valse entre les différents établissements pour le jeune enfant sans famille.

Il n’est pas difficile d’imaginer le désarroi du petit garçon qu’évoque Julien Blanc et encore moins de comprendre toute cette révolte montante en ce petit d’homme Là, où il lui fallait amour et tendresse, il n’eut que brimades, fessées, cachots, et humiliations.

Très vite il se dit :

Je commençais néanmoins de comprendre ce jour-là que la société est hypocrite, qu’il faudrait ruser avec elle, la prendre par surprise, à revers. J’étais tout d’une pièce. Quand j’avais quelque chose à dire, je le disais, ouvertement, brutalement, sans m’occuper des conséquences.

Au sortir de la maison de correction, il se lie d’amitié avec Jean, son aîné de 6 mois.

Julien Blanc trouve des mots forts et d’une beauté touchante au souvenir de cette amitié « ce bombardement de photons amicaux dans mes ténèbres. »

Il y eut les premières amours avec la déchirure des séparations et les trahisons.

Ce fut l’orphelinat puis les placements dans des familles. Des renvois parce qu’il vole en catimini. Ballotté d’un coin à un autre, sa marraine ne le suit que de loin, trop occupée par les hautes sphères et c’est Daise qui l’a en charge le plus souvent, Daise encore plus méchante que sa marraine.

A 14 ans il entre au patronage ( dépendant de l’Etat ) pour y apprendre un métier manuel, alors qu’il veut suivre des études pour aller au lycée tenter de rejoindre Jean. Il rêve toujours de devenir musicien.C’est à ce moment qu’il devient Pupille. La suite est dans la continuité, hélas pour lui, de ce qu’il a vécu et va s’aggravant.

Cette première partie des mémoires de Julien Blanc « Confusion de peines » nous révèle beaucoup de choses sur la vie dans les années précédent la Grande Guerre. C’est terrible de lire ce témoignage d’enfant puis de jeune homme, tellement brimé, aux rêves se heurtant à la réalité crue de la religion et de la bourgeoisie. Quelques mains lui seront tendues cependant et il gardera tout de même quelques espoirs dans sa tristesse environnante.

Les conditions dans lesquelles ont faisaient travailler ces jeunes enfants sont terribles et non sans rappeler ce qu’il se passe encore dans certaines régions du globe.

Ici, c’est tu plies ou tu vas au cachot. Sa parole est constamment remise en question, qu’il dise la vérité ou qu’il mente, le résultat face à ces nombreux adultes hypocrites et parfois pédophiles ne varie pas. Tout n’est quasiment toujours que rapport de force. 

Je finis ce retour de lecture par cette citation :

Etre libre ? Mais c’était impossible. Je n’aurais pu l’être qu’à mille lieues de toute civilisation. Ici, ma course à l’embauche me prouva, le jour que je me mis à y réfléchir de près, que je ne serais jamais libre. C’était un mot vide, dénué de sens.La liberté, c’est ce qui n’est pas défendu. Tout m’était interdit.

Je vous invite chaudement à découvrir La confusion des peines.

Le racommodeur de cervelles & autres nouvelles Pierre Véron Editions Publie.net Coll. ArchéoSF

Le racommodeur de cervelles & autres nouvelles
Pierre Véron
Editions Publie.net
Coll. ArchéoSF

Le racommodeur de cervelles et autres nouvelles

Il s’agit ici d’un recueil de 5 nouvelles et un portrait de Jules Verne écrit par Pierre Véron ( né en 1831- ou 1833 selon une autre source ). Il publie son premier ouvrage en 1854.

Ce recueil a été réalisé par les éditions Publie.net dans la collection ArchéoSF.

Ma culture en science-fiction étant encore limitée, la lecture du titre m’ayant fait sourire, je me suis dit que l’occasion était trop belle et j’ai ( encore une fois) cédé à la curiosité.

Dans Le racommodeur de cervelles, le Docteur Mystère, chirurgien supernaturel a découvert le moyen de guérir les gens de leurs obsessions, de modifier leur caractère.

 Vices et vertus ont été classés par lui avec une certitude mathématique

Opération réalisée sans douleur en un tour de main, qui suscite un énorme engouement parmi la population.

Rondement menée, Le racommodeur de cervelles fait sourire. Le docteur Mystère nous rappelle que nous ne maîtrisons pas toujours si parfaitement les progrès scientifiques et qu’il faut bien réfléchir aux effets. Quant aux patients ou demandeurs force est de constater qu’il vaut parfois mieux se satisfaire de l’ordinaire.

La seconde nouvelle, L’omnibus aérien nous emmène en promenade au dessus de Paris et ses principaux monuments avec des passagers tour à tour fanfaronnant, ou s’inquiétant, se moquant des paysages qu’ils voient défiler si petits vu de là-haut.

 – Et la Sorbonne à gauche.

– L’appartement de la science…Elle n’occupe guère de place non plus, sur la surface du globe

Les passagers sont à eux-seuls l’occasion de dépeindre des caractères amusants.

Encore la fin du monde, comme son nom l’indique met à l’honneur ce que deviendront les sciences d’ici les 10 millions d’année restante à la Terre selon Thompson. Toutes les sciences vont y passer, y compris les lettres. J’avoue, je l’ai trouvé assez jubilatoire. Une citation en ce qui concerne la politique

Ô Pénélopie aux perpétuels recommencements ! Ô écureuil humain tournant dans la cage de l’utopie et prenant ta rotation sur place pour du progrès !

Une à propos des lettres :

Et les livres, juste ciel ! Dans quelle bibliothèque pourrait-on les loger ?

La surface de la Terre n’y suffirait pas, à supposer seulement que la production continue dans les proportions d’aujourd’hui.

Et je ne vous en dit pas plus.

La quatrième histoire s’appelle Le journal du dernier Robinson. Fantaisie de l’avenir ( XXème siècle) Sans doute celle qui m’a le plus touchée, limite peinée. Pauvre homme qui souhaite tant découvrir des terres encore vierges de toute présence humaine et qui navigue de désillusion en tristesse. Où qu’il aille les hommes laissent leur empreinte. L’art et la manière de parler de l’expansion citadine, de la destruction de l’environnement. A lire !

Ils appellent cela le désert ! Fiez-vous aux hommes !

Je marche depuis dix jours, et depuis dix jours je ne trouve que des gares de chemins de fer.

Et voici Le déluge à Paris.

Avez-vous déjà pensé à ce que diraient des archéologues si un déluge détruisait la Terre et que des milliers d’années plus tard leurs fouilles les amenaient à trouver des vestiges incompréhensibles ? C’est exactement ce à quoi c’est amusé Pierre Véron dans cette amusante nouvelle à la Morale à La Fontaine.

Ces nouveaux hommes, doués de nouveaux travers, ont fondé une nouvelle Académie des sciences où de nouvelles délibérations n’amènent souvent rien de nouveau.

Et pour clore ce beau recueil, un portrait de son contemporain Jules Verne.

Certains prétendent que la curiosité est un vilain défaut, j’affirme le contraire car sans elle je n’aurais pas lu ce recueil et découvert une plume savoureuse, piquante et amusante.

La préface de Philippe Ethuin introduit bien ces récits, les situant dans leur époque et nous indiquant leurs parutions.

La couverture est évidemment de Roxane Lecomte, dont on reconnaît bien la patte.

Sur le blog, un texte en ligne de Pierre Veron : Une consultation médicale en l’an 2000 ( 1882 ) 

N’hésitez pas à parcourir ce blog, vous y découvrirez des pépites en accès libre, des séries etc …

Consulter la fiche et l’acheter pour 2 € 99 sur le site Publie.net d’Archéo-SF

Mais aussi par exemple chez L’immatériel 

Bonne découverte !

3000 pieds – sommaire
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–=| Acte 141 |=–

1. Le regard de Franck s’attarda sur chacun des visages crasseux. Il eut l’impression de les connaître depuis longtemps.

2. Une sensation étrange. Jusqu’à ce matin, il ne les avait jamais rencontrés. En retour, ils en savaient peu sur lui.

3. Prêtre, chercheur en théologie, cela, ils en étaient au fait, mais ils ignoraient tout de sa vie d’avant. De ses fautes.

4. Je n’ai pas toujours été un homme d’Église, fit-il. Les lèvres de Jerry s’élargirent. Celles de ses amis se réduisirent.

5. Gia croisa ses bras sur sa poitrine. Vous faisiez quoi avant ? Il hésita. Faire pénitence n’avait jamais été son fort.

6. Allons Franck, l’encouragea Jerry d’un air ironique, tu leur dois bien ça après tout ce que vous avez traversé, hein ?

7. J’étais dans un gang. Les Yum’s Hells sur la 19ème. Lucie écarquilla les yeux. Le concierge en resta bouche bée.

8. Oui, confirma-t-il, je suis né à Yumington. Je m’étais juré de jamais y revenir mais le Seigneur en a décidé autrement.

9. Le front de Gia se rida : vous avez tué pour y entrer ? Franck se tourna vers elle : on me l’a demandé. Jerry jubilait.

10. Il frappa dans ses mains. L’applaudissement résonna : Dieu lui a pardonné depuis, le coupa-t-il, n’est ce pas, Franck ?

–=| Acte 142 |=–

1. Le souffle de l’explosion poussa la fumée. Puis étrangement, le silence s’installa. Doug contempla son ouvre, la brèche.

2. De l’autre côté, il devina des silhouettes noires qui courraient à travers un hall lumineux, comme des fourmis affolées.

3. Des policiers du Yum Swat s’approchèrent. Doug leur fit signe : faites gaffe aux porteurs de lunettes ! répéta-t-il.

4. Il surprit le regard étonné derrière la visière. Il suffit de leur retirer leur glass-T. Ne les descendez pas !

5. Un cri déchira soudain l’air : Mélodie ! Les canons pointèrent vers la source. Doug intervint : c’est une civile !

6. Mélodie ! Élise marchait au milieu des volutes blanches. Des gens couraient autour d’elle. Des ombres. Des cris.

7. Aucune trace de sa fille. Volatilisée. Elle se souvint de Preston Dex, si près d’elle à ce moment. Élise s’effondra.

8. En pleurs sur le marbre couvert de débris, un cordon de sécurité se forma autour d’elle. Doug lui prit la main : venez.

9. Mélodie avait senti la vibration, entendu le bruit sourd. Une explosion ? Le policier avait-il réussi son coup ?

10. Arrêtés entre deux étages, elle interrogea son voisin : où va-t-on ? Pour toute réponse, Preston se remit en route.

–=| Acte 143 |=–

1. Ce soir-là, Franck était Abraham, déclara Jerry. Ce soir là, son maître et seigneur se nommait Tony, caïd de son état.

2. Poings et mâchoires serrés, il écoutait ce tissu de… vérité. Sa maîtrise seule l’empêchait de lui sauter à la gorge.

3. Le concierge s’écarta du prêtre: vous aviez quel âge ? Franck leva la tête. 15 ou 16 ans. Vous avez tué ce type ?

4. Gia et Lucie attendaient une réponse honnête. Leurs regards sur lui changeraient. Surement. Franck revint sur Jerry.

5. Il ressemblait tellement à Tony à cet instant. Même verve, même assurance, même détermination. Deux points différaient..

6. Le costume et la bande, une armée obéissant aux ordres sans discuter. Tony aurait adoré. Alors, Franck, raconte-leur…

7. Je tenais le pistolet face à cet inconnu et je n’ai pas pu. Gia expulsa l’air contenu dans sa poitrine, un soulagement.

8. Il est mort, pas vrai ? Frank hocha la tête. J’étais terrorisé. Tony l’a abattu. Jerry tapa à nouveau dans ses mains.

9. La vérité libère du fardeau, fit-il. Mais la vie est un éternel recommencement. Un résident apparut avec un enfant.

10. Qu’il portait sur les épaules. Tous reconnurent la fillette. Franck va devoir encore affronter ses démons, fit Jerry.

–=| Acte 144 |=–

1. Élise hurla le nom de sa fille, sa chair et son sang. Doug tenta de la rassurer en l’accompagnant dehors, à la lumière.

2. Les hommes d’une autre unité les regardèrent. Doug héla un infirmiers. J’ai un rapport à effectuer, dit-il à Élise.

3. La femme s’agrippa à la manche de son treillis : ma fille ! je vous en supplie. Retrouvez-la. Doug le lui promit.

4. La civile désormais entre de bonnes mains, Doug se dirigea vers l’officier supérieur. Bordel ! Que se passe-t-il ici ?

5. Les rapports macabres se succédaient. Les équipes découvraient des cadavres à tous les étages. Doug se gratta le cou.

6. Par où commencer ? L’officier le fixa : où sont tes hommes ? Doug détourna le regard, posa son M4 sur le comptoir.

7. Avez-vous retrouvé la gamine ? Mélodie, 9 ou 10 ans. Non, répondit l’officier. Merde, pesta Doug. Je dois y retourner.

8. Douglas ! Il franchit l’ouverture déchirée par l’explosion. Secouristes, soldats, une zone de guerre, songea-t-il.

9. Les porteurs de lunettes, dépareillés, étaient rassemblés dans un coin et un homme gardait un monticule de glass-T.

10. Où était la gamine ? Il se plaça sur sa dernière position connue. Tourna sur lui même, attentif. Stop ! Une porte…

–=| Acte 145 |=–

1. Preston s’avança vers la troupe de résidents, ses glass-T synchronisées partagèrent les informations sur la cible.

2. Mélodie Hampton lui avait donné du fil à retordre. Mais c’était fini. L’honneur lui revenait de l’offrir au maître.

3. Dépose la, lut-il sur le flux. D’une main ferme, le serviteur bascula la fillette de son épaule, l’aida à se redresser.

4. Les yeux rougis, fatigués, les jambes cotonneuses, le regard de Mél se perdit sur les visages neutres des résidents.

5. Qui étaient ces 5 personnes sans glass-T ? L’une d’elle parla : tu t’es battue avec courage, petite. Ça n’a pas suffit.

6. Hélas. L’homme au costume sombre arborait un sourire carnassier. Elle ne comprenait rien. Puis elle reconnut une voix.

7. Je suis le Père Franck Marcopoli. Mél se retourna. Un prêtre ? Nous nous sommes parlés. Tu te souviens, n’est-ce pas ?

8. Il l’avait empêché de poignarder sa mère. Elle hocha la tête, balbutia un oui. Nous allons tous sortir de là, promit-il.

9. L’homme au costume ricana. Il brandit une lame qui étincela sous la lumière des projecteurs : pas tous, je le crains.

10. Deux résident apportèrent une table drapée de blanc et rouge. Comme un autel. Allonges-toi ici, ordonna-t-il à Mél.

–=| Acte 146 |=–

1. Mélodie refusa d’approcher. L’homme en costume posa son couteau sur l’autel. Chère enfant, fit-il. Tu n’as pas le choix.

2. Laisse la partir, demanda Franck d’une voix ferme. En réponse, des résidents empoignèrent Gia, Lucie et le concierge.

3. Ses amis tentèrent de résister, de se dégager. En vain. Tu n’es pas en position de demander quoi que ce soit, fit Jerry.

4. Il s’adressa à Mélodie. Veux-tu que ces gens soient tués, par ta faute ? Mél regarda MrDex qui menaçait la jolie femme.

5. Elle secoua la tête. Bien ! fit l’homme, allonges-toi ici. Tremblante, la fillette s’exécuta aidée par un résident.

6. Jerry la recouvrit jusqu’au cou d’un drap blanc. Puis il regarda le prêtre, lui tendit la lame: à toi l’honneur, Franck.

7. Le concierge protesta du regard. Gia retint son souffle. Lucie baissa les yeux. Le prêtre s’avança vers l’autel.

8. Le sacrifice, entama Jerry, c’est quand même mieux quand on le vit avec ses tripes. Pas vrai ? Franck saisit la lame.

9. Il se revit dans cette ruelle. Il n’était qu’un gamin perdu avec un gang pour seule famille, comme unique perspective.

10. Il se plaça face à la gamine. Des larmes s’écoulaient de ses yeux. Ses lèvres tremblaient. Franck leva le couteau…

–=| Acte 147 |=–

1. Tu dois le faire Franck. C’est un commandement et elle est l’agneau. Après, je m’en irais, fit un Jerry grand seigneur.

2. La gamine le fixait, yeux grands ouverts, ses cheveux étalés en une masse emmêlée. Il tenait le couteau au-dessus d’elle.

3. Sur le visage de ses amis: des airs horrifiés, incrédules, sous la menace de lames tenues par les résidents aux glass-T.

4. S’il ne tuait pas la fillette, Jerry s’en chargerait. Il était comme Tony. Il attendait ce moment, il l’appelait.

5. Franck lâcha le couteau. L’ustensile tomba sur le sol dans un tintement clair. Jerry sourit : tu n’es pas Abraham.

6. La gamine lâcha un long soupir. Un répit de courte durée. Jerry produisit une seconde lame : démonstration est faite…

7. …qu’il n’existe aucune solution miraculeuse au dilemme. Ni ange, ni sauveur, proféra-t-il avec une voix d’illuminé.

8. Il n’y en a pas eu pour moi. Il n’y en aura pas pour les autres. Les yeux écarquillés, Mélodie voulut hurler sa terreur.

9. Les mains de Jerry serrées autour du manche, sa mâchoire qui se crispa., le prêtre décida que c’était le moment d’agir.

10. Les projecteurs s’éteignirent soudain. Un coup de feu retentit. Franck sauta sur Jerry. Ce fût la confusion, les cris.

–=| Acte 148 |=–

1. Franck se redressa. Ses oreilles bourdonnaient. Ses paumes poisseuses sur le costume sombre. Sur Jerry. Immobile. Mort ?

2. Il ne bougeait pas. Franck le retourna. Au milieu du front, un trou, rouge, cerné de noir. Il fit un signe de croix.

3. Un homme casqué arriva, fusil braqué sur lui. Franck leva les mains : ne tirez pas ! Mélodie glissa hors de la table.

4. Elle se précipita vers le policier, souriante. Je suis Douglas du Yum Swat. Qui êtes-vous ? Père Franck Marcopoli.

5. Un prêtre ? Il avait failli descendre un prêtre, réalisa Doug surpris. S’il avait tenu ce couteau une seconde de plus…

6. Il pointa le type en costume allongé sur le sol. C’est lui qui est responsable de ce merdier ? Le prêtre hocha la tête.

7. Il est mort, précisa Franck. Le policier abaissa le canon de son arme. Il serra la gamine en larmes. C’est fini.

8. Gia, Lucie et le garçon les rejoignirent. En découvrant le corps, un éclair de satisfaction illumina les traits tirés.

9. Mon père, vous allez bien ? fit la Yum Girl. Il se sentait vide. Jamais le Seigneur lui avait infligé une telle épreuve.

10. Les secours les entourèrent, les séparèrent. Doug emmena Mélodie : ta maman t’attend. Il salua les soldats d’élite.

11. Grenades incapacitantes, fumigènes, coupure de courant…. Un vrai miracle, se dit-il en visant les résidents hébétés.

12. Des survivants qui revenaient d’un autre monde. Beaucoup connaîtraient un réveil difficile en découvrant l’horreur.

–=| Acte Final |=–

1. Sur le parvis, tenant un gobelet de café; le concierge regarda Gia. Il prit son courage à deux mains, la rejoignit.

2. Les mots virent sans effort: j’aimerais vous revoir. La Yum Girl lui sourit : tu gagnes pas assez. Sa mine s’assombrit.

3. Je plaisantais, fit-elle soudain. J’accepte à une condition : pas de restaurant panoramique, pas de tour. Vendu, fit-il.

4. Lorsque Élise l’aperçut, elle quitta les bras de Michelle, se précipita vers sa fille : Mél ! Elle la serra, en pleurs.

5. On va s’en aller d’ici. Mélodie hocha la tête, hasarda un regard en direction de Michelle. Et papa ? Il sait déjà.

6. Mélodie, entendit-elle. Mél se retourna, éprouva une peur panique : Mr Dex… Sa mère fit barrage entre lui et elle.

7. Je suis désolé, déclara Preston Dex, je ne me souviens que de bribes, des images horribles de moi te poursuivant.

8. Lucie, assise sur un banc, attendait la dépouille de son défunt mari. Il y avait peu de survivants, réalisa-t-elle.

9. Elle ne se sentait pas chanceuse pour autant. Le prêtre vint s’asseoir à ses côtés: je peux dire quelques mots pour lui.

10. Vous devrez lui pardonner, ajouta-t-il. L’épouse le regarda : ça va être dur. Et vous, pardonnerez-vous à Jerry ?

11. Suite au massacre de Yumington, « De la parole aux actes », du père Franck Marcopoli, devint un best seller mondial.

12. Les millions d’exemplaires de la version papier se sont arrachés. Dernier gros tirage de l’histoire de la librairie.

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Face à l'étoile Neil Jomunsi Auto-édition – Ebook Projet Bradbury N° 8 Couverture :Roxane Lecomte

Face à l’étoile
Neil Jomunsi
Auto-édition – Ebook
Projet Bradbury N° 8
Couverture :Roxane Lecomte

Face à l’étoile

 

Le pitch : La vie semble sourire à William Goldsmith : ce candidat à l’élection municipale, ambitieux et séduisant, a toutes les chances de remporter le siège très convoité de maire de Cincinnati. Mais cette image de parfait homme politique menace d’être écornée. Goldsmith est en effet empêtré dans une affaire de corruption mafieuse qui a tout d’une épée de Damoclès. Et puis il y a cette étoile apparue dans le ciel, tel l’oeil de Dieu sur Caïn, qui semble l’observer et pénétrer son âme. Tiendra-t-il sous la pression ? 

C’est la dernière ligne droite avant les élections pour Goldsmith, le stress se fait sentir et Vito, le mafieux avec qui il a passé « contrat » se charge de le lui rappeler.

« Depuis quand la loi fait-elle les maires ? »

Ce William, dit Bill lors d’un monologue intérieur savoureux et sincère étale sa conscience d’homme politique, et c’est à la fois pitoyable, triste et finalement … très humain.

Cependant, les élections ne sont pas seules à faire la une. En effet il y a cette étoile surgit par magie qui suscite interrogations de toutes parts et réveille « en chacun des histoires et des légendes plus vieilles que l’homme lui-même » .Concédant un peu de son temps à ses enfants, Bill les accompagne pour observer cet astre étrange.

C’est à partir de ce moment que le récit glisse peu à peu dans l’étrange pour finir dans l’absurde, l’inattendu, un joli pied de nez au réel.

Ma conclusion toute personnelle, mon avis se résument à : « nous ne sommes que bien peu de chose ».

Face à l’étoile est donc pour moi une réussite, une belle alliance entre le récit noir et le surréalisme.

Et comme cette nouvelle est gratuite c’est l’occasion pour vous de goûter au style de l’auteur et à ce genre particulier.

L’article sur cette nouvelle et les liens de téléchargement se trouve à cet endroit  .Cette note de l’auteur vous aidera peut-être à entrer dans ce récit déroutant, il est vrai.

Deidre  et Chti_suisse  ne partagent pas tout à fait mon avis.

Les vagues de Clamatlice suivi de Saison de pluie sur Clamatlice Vanessa Terral Editions Voy' [EL] -Coll. E-courts Ebook - Juin 2013

Les vagues de Clamatlice suivi de Saison de pluie sur Clamatlice
Vanessa Terral
Editions Voy’ [EL] -Coll. E-courts
Ebook – Juin 2013

Les vagues de Clamatlice suivi de Saison de pluie sur Clamatlice

Clamatlice, un monde bien loin de notre Terre, surprend les voyageurs par ses plages de sable vert, ses deux lunes, sa végétation singulière et son surnom : la Planète aux Mille Pensées. Les premiers colons évoquent parfois, à mi-voix, des créatures gigantesques et une nature guidée par une forme de conscience. Bien entendu, les nouveaux arrivés – tel Noota, un jeune surfeur – ne croient pas à ces superstitions…
Jusqu’à ce que Clamatlice murmure à leur esprit.

Comme vous l’aurez compris, il s’agit d’un recueil de deux nouvelles de Vanessa Terral, première publication ( en numérique exclusivement ) dans la collection E-courts des éditions Voy'[el]

Dans la première, Les vagues de Clamatlice un jeune surfeur, Noota vient d’arriver sur cette planète. Lui, dont la renommée de surfeur sur Terre n’est plus à faire, s’aperçoit avec stupeur que toute sa technique ne lui sert à rien sur les vagues de Clamatlice. La planète aux mille pensées lui réserve des surprises qu’il découvrira en nouant contact avec un groupe d’adolescents natifs, surfeurs comme lui.

Dans la seconde, Saison de pluie sur Clamatlice nous partageons la peine d’une enfant, Luccine souffre douleur de ses camarades d’école, dont les adultes font peu de cas.

« Elle devrait être habituée, à force, mais du haut de ses presque huit ans, Luccine se tient face à la vilénie comme un oisillon qui recevrait une pomme de pin sur la tête »

Cette nouvelle m’a vraiment touchée, au point que je me sentais comme Luccine, isolée, incomprise et désespérée.

Mais cela est sans compter avec Clamatlice et le talent de conteuse de Vanessa Terral. Le personnage principal n’est autre que Clamatlice dont l’auteur nous encourage à arpenter les étendues pour y semer nos propres graines et ainsi l’animer tout au long de nos récits. Il s’agit d’un beau cadeau fait par Vanessa Terral et l’éditeur car quoi de plus excitant que de nourrir un univers ? L’imaginer en conservant bien sûr le terreau des Vagues de Clamatlice et de Saison de pluie.

Les gourmands de rêves, de magie, de communi(cati )on spirituelle et de nature y trouveront leur bonheur.

Emplie d’entités étranges, Clamatlice aux mille pensées n’a sans doute pas fini de nous étonner et nous émerveiller. Je l’espère de tout cœur.

Vanessa Terral écrit vraiment très bien, son style est aérien, fluide. Ses mots vibrent à l’unisson des personnages. Il est question de respect et de choix. Il est question tout bonnement d’humanité.

Non seulement j’ai rêvé en lisant ces nouvelles, mais j’ai aussi réfléchi à tout ce que cette Planète peut offrir comme « possibles ».

Un grand merci à Vanessa Terral pour le cadeau qu’elle fait aux auteurs souhaitant continuer de faire vivre Clamatlice à travers un appel à texte permanent, soutenu bien évidemment par Voy'[el].

Vous pouvez acquérir  Les vagues de Clamatlice pour 99 cts d’€ ( tous formats) sur le site de l’éditeur  ou chez L’immatériel 

Il ne me reste qu’à espérer que vous serez curieux de découvrir cette Planète, et vous souhaiter une bien agréable lecture.

3000 pieds – sommaire
<< actes 121-130 • actes 131-140 • actes 141-149 >>

–=| Acte 131 |=–

1. La porte émit un chuintement pareil à un sas. Le couloir aux murs blancs desservait des salles avec d’épaisses vitres.

2. L’informatique de la Tour, je crois, fit le concierge, en montrant les hautes armoires aux lumières chatoyantes.

3. Ils ne s’arrêtèrent pas, aucun n’aurait su mettre hors de service ce genre d’installation. Le vestibule devint un hall.

4. À l’extrémité, un accès signalé par un panneau : « electricity power unit ». Ils se retrouvèrent sur une passerelle.

5. La vue plongeait vers l’ensemble de turbines à la carapace verdâtre en forme d’escargot étiré et bardés de câbles.

6. Un brouhaha constant s’élevait entre les murs bruts. Ils ne virent personne, aucun résident, Franck fronça les sourcils.

7. Vous aviez dit qu’il était là, fit Gia, agacée. Le regard de Lucie se durcit, clonant presque ceux de la Yum Girl.

8. Ils regagnèrent le hall, dépités. Franck s’assit sur une chaise. Il lui semblait logique que Jerry contrôle le cœur.

9. Jerry sourit. Son vieil ami ne comprenait toujours pas. Ça viendrait, se dit-il, en observant l’écran. La vue changea.

10. Il observa le policier du Yum Swat. La gamine entre les adultes. Sur l’écran voisin, sa surprise se mettait en place.

–=| Acte 132 |=–

1. Secteur commercial, l’espace détente et l’atrium, sa fuite à travers les galeries, les cris, tout lui revint en mémoire.

2. Mélodie avait l’impression que cela remontait à des jours en arrière. Pourtant, le cauchemar avait débuté ce matin.

3. Le temps était élastique. Elle se prenait le retour en pleine figure. Mares de sang, corps étalés, vitrines fracassées.

4. Sa mère la prit contre elle : tu n’es pas obligée de regarder. Maman, fit la fillette, j’y étais. Ça pourrait être moi.

5. Là, par terre, désigna Mélodie entre des marchandises éparpillées. On va sortir, lui promit sa mère d’une voix ferme.

6. Doug les observait, en inspectant les lieux. La gamine en avait vu de dures. Un détail le chiffonnait depuis un moment.

7. Où étaient les porteurs de glass-T ? Ils auraient du en croiser. Ils ne s’affrontaient pas et ils se reconnaissaient.

8. Une terrible question survint alors : et s’ils avaient tué tous les résidents ? S’ils étaient les seuls survivants ?

9. Des années d’expériences tactiques au Yum Swat et son instinct le lui soufflaient : ce n’était pas encore terminé.

10. Il réunit les 2 civiles. Je ne les ai pas vus non plus, fit Élise. Doug s’accroupit : je crois qu’ils nous attendent.

–=| Acte 133 |=–

1. Le concierge s’approcha du prêtre : s’il n’est pas là, où est-ce qu’il se planque ? Quittons cet endroit, implora Lucie.

2. Pris d’un doute, Franck secoua la tête : il est là, quelque part. Nous avons fouillé ce secteur, fit la Yum Girl.

3. Dépitée, Lucie se tenait à l’écart tandis que le trio faisait le tour des hypothèses. Elle se glissa vers la sortie.

4. Respirer à l’air libre, se laver l’esprit, effacer les images sanglantes. Suivre ces dingues, cette putain: une erreur.

5. L’épouse profita qu’ils aient le dos tourné. Un couloir, puis le sas, remonter au parking. Il restait l’entrée. Fermée.

6. Elle se dit qu’elle trouverait bien. Son coeur battit à tout rompre jusqu’à la voiturette. Elle s’installa et démarra.

7. Gia fut la première à remarquer sa disparition. Ils comprirent tout de suite et sans tarder, se mirent à sa poursuite.

8. Ne jamais remettre les pieds dans cette maudite tour, se promit-elle. Lucie y avait perdu ses illusions, un mari volage.

9. Plus elle s’approchait de la délivrance, plus son coeur s’allégeait, son fardeau pelé comme un onion à chaque pas.

10. La grille barrait le chemin de la liberté. En regardant aux alentours, elle remarqua le semi-remorque garé près du mur.

–=| Acte 134 |=–

1. Des couloirs, le carrelage, fardés de rouge façon Halloween. Les citrouilles et les bonbons en moins, songea Mélodie.

2. Ils progressaient en direction des escalators, sans rencontrer d’opposition. Des corps gisaient dans les allées.

3. Des coulures au ton framboise restaient accrochées aux portes, aux vitrines. Les projections maculaient les bancs.

4. Le décor sanguin hurlait. Chaque traînée semblait le cri d’une victime marquant murs et sols de sa dernière empreinte.

5. Et il y avait ce silence. Effrayant, irréel. Ils pressèrent le pas, menés par le policier du Yum Swat sur ses gardes.

6. Le trio effectua une pause au pied d’un escalator. En face, un large escalier menait au second étage. L’ultime étape.

7. C’est maintenant que tout se joue, annonça Doug. On a croisé personne, remarqua Elise. Il y avait une raison à cela.

8. Mélodie jetait des regards en direction des escaliers. Je dois placer la charge sur l’une des entrées, rappela Doug.

9. Une fois l’ouverture pratiquée, les secours interviendront. Vous serez libérées ainsi que les survivants qui se cachent.

10. La fillette fronça les sourcils: il vous faut une diversion. Doug les regarda: je vais avoir besoin de votre aide. Oui.

–=| Acte 135 |=–

1. Lucie hésita. Vulnérable, seule au milieu de du parking, le regard attiré par le camion. Que faire, comment sortir ?

2. L’accès a la remorque noire était abaissé. Elle s’approcha du véhicule, le pas incertain, s’arrêta au pied de la rampe.

3. Franck et Gia s’agrippèrent alors que la voiturette tanguait dans les virages. Le concierge fonçait à travers la galerie.

4. Ils retrouvèrent le véhicule abandonné à leur point de départ. Où est-elle ? s’énerva la Yum Girl en tournant autour.

5. L’épouse désirait partir. La réponse lui sembla logique. Ils se pressèrent vers l’entrée principale. Franck en tête.

6. Les escaliers de métal se terminaient par une porte close. Lucie inspecta la cabine. Fermée. Elle se sentit idiote.

7. Elle ne savait pas conduire un bahut et il y avait personne. En revenant sur pas, elle entendit un bruit mécanique.

8. Elle se retourna, aperçut une rangée de projecteurs sur la remorque. Ils s’allumèrent tout d’un coup, elle leva le bras

9. Apeurée, Lucie recula, bras en guise de barrage au torrent de lumière. Elle hurla : arrêtez, je veux juste partir !

10. Le trio arriva alors. La lumière intense les attira. Et la voix, reconnut Franck. Celle de Jerry : je vous attendais.

–=| Acte 136 |=–

1. L’idée était simple et effrayante. Mélodie, tremblante, s’accrochait à la rampe des escaliers menant au hall d’accueil.

2. Elle regarda derrière elle. Doug l’encouragea à continuer. Sa mère était pétrifiée dans un coin. De honte ou de peur.

3. Maman s’était bien portée volontaire. Le policier avait émis l’hypothèse, assez juste, que sa fille était plus rapide.

4. Elle se retrouvait donc en première ligne. Devant elle, trois entrées barrées de volets métalliques infranchissables.

5. Devant ces remparts d’acier, une marée de porteurs de glass-T. Ils la regardaient. Tous. Mélodie se figea à mi-chemin.

6. David contre Goliath, sauf qu’elle n’avait pas de lance pierre. Il ne s’agissait pas de se battre, avait précisé Doug.

7. Les tueurs en rang parallèles ressemblaient à une armée démente. Tous esclaves de leur lunettes, de sa prose assassine.

8. Doug jouissait d’une vue directe sur la scène incroyable et la courageuse gamine, si fragile, seule face aux résidents.

9. Un abîme saisissant. Un vertige. Sa fille chérie, face aux monstres… Élise tenta de se rassurer. Le plan était simple.

10. Mélodie reconnut Mr Dex, sa lame. Il fit un pas en avant. Ses lèvres s’étirèrent comme quand il lui offrait un bonbon.

–=| Acte 137 |=–

1. Gia excellait dans l’évaluation des hommes. Un regard suffisait pour dresser un profil : client ou pas, riche, maniaque.

2. La silhouette imposante qui se détacha en contre-jour la laissa perplexe. C’était inattendu. Franck serra les poings.

3. Grand, costume soigné, la Yum Girl aurait pu coucher avec ce genre de personne, aisée de prime abord. Les apparences…

4. Jerry arborait le sourire d’un joueur ou d’un business man assuré de remporter sa mise : salut Franck, lança-t-il.

5. Le prêtre garda le silence. Je vois que tu es venu avec tes compagnons, fit Jerry. Moi aussi, j’ai amené quelques amis.

6. L’intensité des projecteurs baissa, révélant des porteurs de glass-T. Lucie se colla au concierge qui réprima un juron.

7. Les résidents, armés pour la plupart, se déployèrent autour d’eux. D’où sortaient-ils ? Gia se sentit prise au piège.

8. Que vas-tu faire, Jerry ? Nous tuer ? Tu veux un autre bain de sang ? Tu n’as pa eu ton compte ? le provoqua Franck.

9. Aujourd’hui, il y a eu des milliers de sacrifices. Un sacré série statistique. Et tu sais quoi, Franck ? Pas une fois…

10. …ni Dieu, ni ange ne sont apparus. Personne n’est intervenu pour stopper ces Abraham. Selon toi, est-ce une anomalie ?

–=| Acte 138 |=–

1. Preston la tenait enfin à sa portée. La gamine n’avait aucune chance de lui échapper à présent. C’en était presque fini.

2. L’honneur lui revenait de l’éventrer, selon les phrases qui exaltaient son esprit. Ensuite, il passerait à autre chose.

3. Yeux rivés sur son voisin, Mélodie plongea les mains dans sa poche. Elle se récita la séquence une dernière fois.

4. Extraire la canette, tirer sur la goupille et la faire rouler sur le sol. Un plan simple. Ensuite, elle devrait courir.

5. Mr Dex s’approchait d’elle. Bien trop. Tétanisée, ses mains tremblaient. Le plan n’était pas aussi simple en réalité.

6. La fillette devait se décider, maintenant, jugea Doug. Ce type risquait de tout foutre en l’air. Il épaula son M4.

7. Elle entrevit la solution. Mélodie sortit la grenade, d’un geste sec elle tira sur la goupille et la lança sur Mr Dex.

8. Bien joué, murmura Doug. L’individu avait rattrapé la cannette d’où une épaisse fumée jaune commença à s’échapper.

9. Doug avait égalisé la situation tactique: lunettes ou pas, tout le monde était aveugle à présent. Le policier s’élança.

10. La fumée se répandait si vite. Mélodie, perdue, sentit une main s’abattre sur ses épaules. Elle se retourna: Mr Dex !

–=| Acte 139 |=–

1. J’ai expédié trois mille paires de glass-T dans cet immeuble, déclara Jerry, toutes chargées avec ton livre, Franck.

2. Le personnage portait la création d’un tailleur créateur italien, nota Gia. Il ressemblait à un avocat en pleine gloire.

3. Ce mec est taré, souffla le concierge. Il aurait pu le croiser dans le hall, le conduire à ses appartements ou l’aider.

4. Avec le sourire. Service compris. D’après le prêtre, il était un résident de la Tour. Le garçon frissonna, mal à l’aise.

5. Franck se tenait raide comme le bâton de la justice divine, remarqua Lucie. Comment j’en suis arrivé là ? se dit-elle.

6. Alors dis moi, poursuivit le cerveau de ce massacre, pourquoi aucun des milliers de sacrifice a été interrompu, hum ?

7. Jerry s’avança vers eux. Nous parlons de test d’obéissance aveugle. C’est bien ce que tu expliques dans ton ouvrage ?

8. Laisse les partir. C’est entre toi et moi, à présent, siffla Franck. Gia observait l’homme qui s’exprimait avec aisance.

9. Loin du discours décousu d’un dingue ou d’un illuminé. Dis moi, Franck, je me trompe où tu ne leur a rien expliqué ?

10. Le prêtre roula des yeux. Ses amis le regardèrent. Dis-leur pourquoi le sacrifice d’Abraham t’obsède autant… Dis leur…

–=| Acte 140 |=–

1. Mélodie suffoquait. La fumée qui l’enveloppait, la main de son voisin plaqué sur sa bouche. Elle avait beau se débattre.

2. Elle avait beau le mordre jusqu’au sang. Mr Dex ne réagit pas. Il l’avait soulevée comme si elle ne pesait rien.

3. Ses yeux affolés roulaient dans leurs orbites. Elle fouilla en vain le smog à la recherche du policier ou de sa mère.

4. La fillette ne trouva ni un, ni l’autre. Mr Dex l’emmena à l’écart. Ils gagnèrent une porte, empruntèrent un couloir.

5. Doug s’enfonça dans le brouillard, M4 au poing. Il fallait faire vite pour poser la charge. Ne pas se poser de question.

6. Il abattit un résident qui émergea tel un spectre. Une balle dans la cuisse. L’homme tituba, tomba. Doug poursuivit.

7. Le second brandit une lame. Il ne prit aucun risque et lui logea une balle au milieu du front. Comme à l’entrainement.

8. Il atteignit la double porte coupe-feu menant à l’accueil de la Tour. Son objectif. Il s’agenouilla, fixa la charge.

9. Élise cria son nom. Mél ! Mél ! La fumée avait engloutit sa fille. Et Preston Dex. Un pressentiment mauvais. Horrible.

10. Elle dévala les escaliers à l’encontre des ordres. La retrouver ! Elle ne pouvait pas la laisser à nouveau. Jamais.

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3000 pieds – sommaire

Celsius 233 Neil Jomunsi Auto-édition – Ebook Projet Bradbury N° 7 Couverture :Roxane Lecomte

Celsius 233
Neil Jomunsi
Auto-édition – Ebook
Projet Bradbury N° 7
Couverture :Roxane Lecomte

Celsius 233

Le pitch : Hector est un fonctionnaire zélé au service d’un état totalitaire et intrusif : son travail consiste à écouter les conversations des citoyens, à les placer sous surveillance vidéo, à les suivre dans la rue jusqu’à ce qu’ils fassent un faux pas — volontaire ou inconscient — et tombent sous le coup de la loi. Hector aime beaucoup son travail. Il y excelle même. Mais un jour, la machine répressive se retourne contre lui.

J’ai apprécié le sujet traité par Neil Jomunsi ainsi que l’écriture. Hector est le type même de personnage qu’on déteste quasiment d’emblée. Le cadre hyper autoritaire et répressif de cette nouvelle fait froid dans le dos et n’est pas sans rappeler d’autres lectures et / ou tristes réalités.

La fin est ouverte, à tel point que j’en suis à la troisième interprétation possible me concernant.

Mais voilà, cette fois le charme n’a pas opéré sur moi . Un auteur ne peut toujours répondre aux attentes de ses lecteurs, le lecteur ayant son propre champ émotionnel et là, bien que construite, fort bien écrite je ne me suis pas immergée dans la nouvelle.

Ce n’est franchement pas grave d’autant que le bonus réservé aux abonnés m’a bien séduite. Merci à l’auteur pour ces plus distillés.

L’avis enthousiaste de Chti_suisse sur son blog 

Celui de Deidre sur son blog 

Le Projet Bradbury sur le blog d’ActuaLitté 

Le fil d’actualités du projet sur le forum e-lire

Comme d’habitude la nouvelle Celsius 233 est à 99 cts d’€ sur kobo ,  Smashwords  et Amazon .

La belle couverture est encore de Roxane Lecomte . Bravo à elle ! 

 

Les naufragés de la Djumna d'Emilio Salgari  Editions de Londres - Ebook Octobre 2013 Couv : Alberto Della Valle

Les naufragés de la Djumna d’Emilio Salgari
Editions de Londres – Ebook
Octobre 2013
Couv : Alberto Della Valle

Les naufragés de la Djumna  ( chroniqué par Tipram Poivre )

Dépaysement garanti avec ce roman digne des plus grands classiques du genre. Il vous emmènera en Inde puis dans les îles Adaman, dans le Golfe du Bengale, où se déroule la classique lutte du bien contre le mal.

J’ai passé quelques semaines sur l’île de Langkawi (Malaisie), il y a plusieurs années, et je peux vous assurer que cet auteur italien que je ne connaissais pas du tout sait ressusciter la poésie des paysages paradisiaques de ce coin du bout du monde.

Mais avec lui, le danger se cache partout : la mer d’huile se déchaîne soudain, une petite fille délurée sabote un navire, et un arbre exotique offre une ombre généreuse mais toxique. Sans compter les affreux périls tapis dans la jungle inhospitalière : bête féroce, serpents, indigènes, sables mouvants, etc.

Les auteurs qui souhaitent aiguiser leur plume trouveront dans ce livre d’excellents exemples de descriptions pittoresques dont ils pourront s’inspirer pour leurs propres écrits. Comme le souligne l’éditeur, la terminologie de la marine est extrêmement riche ; il ne nous trompe pas, car j’ai élargi l’éventail de mon vocabulaire grâce à ce livre.

J’ai aussi énormément apprécié le minutieux travail de documentation effectué. La seule inexactitude que j’aie notée est excusable, car elle concerne une confusion entre l’arbre à pain et le jaquier, deux arbres qui se ressemblent et qui donnent des fruits comestibles d’apparence similaire.

Le tempo du développement de l’intrigue est bien calculé. Même si la trame en elle-même est conventionnelle, avec une happy end où les méchants sont châtiés, et les bons, récompensés, je me suis laissée emporter par la verve fougueuse de Salgari, et j’ai marché à fond à chaque rebondissement qu’il a imaginé.

Le récit s’ouvre sur une anodine chasse aux oies sauvages. Mais un message de détresse, trouvé sous l’aile d’un des volatiles touchés, déclenche vite une série de points d’interrogation, et les héros s’empressent de comprendre le problème. N’écoutant que leur altruisme, ils se lancent dans des aventures tumultueuses pour voler à l’aide d’un honnête capitaine grugé par ses hommes d’équipage.

J’avoue que, vers le premier tiers du livre, les mains moites d’angoisse, je n’ai pas pu résister à l’envie de connaître la fin, et je suis allée aux dernières pages pour me rassurer. Malgré cela, c’est le cœur battant que j’ai ensuite lu les terribles épreuves que les héros affrontent.

C’est vous dire à quel point l’auteur maîtrise l’art de nourrir le suspense…

Alors, si vous avez envie de vous divertir avec un bon roman d’aventures bien traditionnel, ce livre est pour vous. Je ne voulais en parcourir qu’une trentaine de pages pour me faire une idée de ce que Jean-Basile Boutak avait concocté, mais je n’ai pas pu le lâcher, et je l’ai dévoré d’une traite, en remettant à plus tard une ou deux obligations prioritaires.

Les naufragés de la Djumna d’Emilio Salgari est à 1 € 99 ( ebooks tous supports ) chez L’immatériel 

Consulter sa fiche sur le site des Editions de Londres et ici

Ce qu’en dit Jean-Basile Boutak sur son blog personnel

 

aurélia sous la terre  Neil Jomunsi Auto-édition – Ebook Projet Bradbury N° 6 Couverture :Roxane Lecomte

aurélia sous la terre
Neil Jomunsi
Auto-édition – Ebook
Projet Bradbury N° 6
Couverture :Roxane Lecomte

Aurélia sous la terre 

Le pitch : C’est une après-midi comme beaucoup d’autres qui débute pour Victor et Simon. Les champs s’étendent à perte de vue, il n’y a plus qu’à courir plus vite que le vent et à oublier qu’on grandira un jour. Mais une découverte impromptue va changer tous leurs plans. Sous la terre se cachent des secrets : quelquefois, il suffit de prendre le temps de se pencher pour les déterrer. 

Cette 6ème nouvelle est pour le moins étrange puisqu’écrite à partir d’un rêve de l’auteur qui l’a retranscrite tel quel. Un chouette exercice qui dévoile une part de l’enfance de Neil Jomunsi au fur et à mesure que Victor exhume d’anciens jouets.J’y ai retrouvé la campagne, les champs de mon enfance lorsque les mômes que nous étions, pour tromper leur ennui , mutaient en camarades au cours de jeux collectifs ; à mon époque c’était les indiens et les cow-boys, ou les gendarmes et les voleurs.

On retourne au pays de l’enfance, avec ses préoccupations. Tant et si bien que durant deux jours je suis aussi allée à la pêche aux souvenirs : les séries et émissions pour enfants , et les chansons qui ont marqué ma jeunesse. C’est surprenant, essayez à votre tour !

Et c’est étrange cette habitation sousterraine comme un coffre-fort, un bunker.

Aurélia sous la terre est une nouvelle qui câline l’enfant, qui est aussi comme un rite de passage à l’âge adulte. C’est tout ce que l’on garde au fond de soi dont on ne parle plus beaucoup, dont on se souvient tout juste et pourtant c’est aussi à travers le personnage d’Aurélia, les premiers émois peut-être.

Une bien belle et émouvante nouvelle, une jolie réussite pour l’adaptation d’un rêve.

Merci à l’auteur de m’avoir ainsi incité à rembobiner ma mémoire.

Comme les précédentes nouvelles du Projet Bradbury, Aurélia sous la terre est à 99 cts d’€ chez Smashword , et Amazon .

D’autres avis chez Deidre   et Chti_suisse 

Le blog du Projet Bradbury

Le blog de Neil Jomunsi

Vous lirez quoi ce soir ?

3000 pieds – sommaire
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–=| Acte 121 |=–

1. L’ombre, sous la porte, ne bougeait pas, mais Mélodie en était certaine : il y avait quelqu’un. Pas question d’ouvrir.

2. Le coeur battant après l’effort, en nage. Elle resta indécise. Si c’était un porteur de glass-T, il l’attaquerait.

3. Il fallait pourtant qu’elle sorte. Sa mère l’attendait. La fillette s’adossa au mur, leva la tête vers le plafonnier.

4. Que fabriquait-elle ? se dit Élise. Elle aurait dû sortir de l’un des logements. Elle songea au pire, en proie au doute.

5. Se décider. Elle cingla vers la première porte: fermée. Mains moites, elle s’essuya sur son pantalon, stoppa son geste.

6. La crosse du pistolet. Elle le sortit, braqua la serrure. Le 9mm ferait un boucan à attirer du monde. Elle se ravisa.

7. La femme pointa à nouveau l’arme. Elle pesta : Merde, c’était sa fille ! Elle tira, donna un coup de pied dans la porte.

8. Le coup de feu la fit sursauter. Mélodie vit que l’ombre venait de disparaître. Elle n’aurait pas de meilleure occasion.

9. La porte cogna violemment, s’ouvrant sur un vestibule sombre. Mél ! cria Élise. C’est Maman ! Où es-tu ma chérie ?

10. Mél ne se trouvait pas là. Elle se rendit à l’entrée suivante. Un détail lui revint : 7 coups en magasin. 11 logements.

–=| Acte 122 |=–

1. De l’activité à la blanchisserie. Jerry vit que son pion libérait les 2 partenaires. Le trio se mit en route aussitôt.

2. Preston prit la tête, talonné par Michelle et le nouveau. Sans hésitation, ils se pressèrent en direction du 106ème.

3. Doug stoppa au milieu des marches : les coups de feu venaient des étages inférieurs. Difficile de déterminer lequel.

4. Il parvint au 107ème. Une nouvelle détonation le confirma: cela provenait du niveau d’en-dessous. Le policier descendit.

5. M4 en main, l’autre sur la porte qu’il poussa lentement. Le danger pouvait surgir d’un coup, tel un diable de sa boite.

6. Il glissa un premier regard. La voie était libre. Une fois dans le couloir, il progressa avec précaution, paré à tirer.

7. À l’angle, il lorgna sur la droite. Il vit la femme responsable des tirs. Elle ne portait pas de lunettes. Bon signe.

8. Il s’engagea, l’interpella : Madame ! Elle se retourna, le pointa de son arme. Oh la ! Doucement, je suis policier.

9. Doug s’approcha. La victime lui parut…hystérique. Ma fille est là dedans, répéta-t-elle. 5 portes ouvertes, nota-t-il.

10. Elle montra la suivante. Ma fille, Mélodie, elle est là, quelque part. Je vais vous aider à la retrouver, la calma Doug.

–=| Acte 123 |=–

1. La tour possède plusieurs parcs de stationnement en sous-sol, expliqua le concierge, dont un dédié aux livraisons.

2. Une noria quotidienne de camions alimente les malls, les boutiques, les restaurants. Alors on pourra sortir ? fit Gia.

3. Jerry avait tout prévu, impensable qu’il laisse une faille béante dans son dispositif. Peu probable, affirma Franck.

4. Le garçon confirma: portes et grilles automatiques étaient sûrement fermées. Lucie ne disait rien, adossée à la paroi.

5. Le malaise s’installa, perturbé par les cliquetis mécaniques de la plateforme. Un ascenseur vers l’enfer, songea Franck.

6. Le concierge l’observa, visiblement gêné. Puis il se lança : vous avez une prière pour ce genre de situation, mon père.

7. La question le désarçonna. Le professionnel de la Foi reprit vite le dessus. Vous êtes croyant ? Le gamin hocha la tête.

8. Le prêtre lui tendit une main : une prière universelle, connue de tous. Je m’en souviens, oui, lui assura le garçon.

9. Soudain, la Yum Girl s’approcha, saisit l’autre main de Franck. Je la connais aussi, fit-elle. Ils regardèrent Lucie.

10. Elle se joignit à eux : je ne connais aucune prière. Franck lui sourit : il est toujours temps d’apprendre, de changer.

–=| Acte 124 |=–

1. Mélodie entrouvrit la porte, glissa sa frimousse. Le vestibule éclairé semblait désert. Un autre coup de feu retentit.

2. Était-ce sa mère qui tirait ainsi ? La fillette se pressa à travers le couloir jusqu’à l’angle, où elle stoppa, alerte.

3. Elle avait raison : il y avait bien un individu. Un homme face à la porte d’entrée. Avec des glass-T, devina-t-elle.

4. Mélodie l’observa, sans un bruit. Des cheveux gris, une calvitie. Un type âgé. Il inserra les clefs dans la serrure.

5. Dès qu’il fût dehors, elle le suivit, à pas de loup. Dans le couloir, elle vit sa mère, avec un gars. Armé. Un policier.

6. L’homme avait surgi d’un appartement voisin. Doug le mit en joue, le somma de s’arrêter. Le gars continua à marcher.

7. Le policier visa la cuisse, pressa la détente. L’homme s’écroula. Mél ! s’écria la femme. Elle se précipita devant lui.

8. La gamine.. Il ne l’avait pas vue. L’homme se remit debout, ignorant la blessure qui aurait du lui arracher un cri.

9. Merde, pesta Doug avant de lui loger une balle dans la tête. Avec les deux civils, pas question de prendre de risques.

10. Élise étreignit sa fille, aussi fort qu’elle le put. Je ne t’abandonnerai pas. Jamais. Je sais, maman, répondit Mél.

–=| Acte 125 |=–

1. Toucher le fond. Une impression partagée par tous lorsque la plateforme arriva à destination. Les portes s’ouvrirent.

2. Franck s’avança le premier. Un immense parking. Trois camions. Pas âme qui vive. Des néons blafards, des coins sombres.

3. C’est le troisième niveau, annonça le concierge. Le premier et le deuxième sont réservés aux résidents et visiteurs.

4. Alors, nous devons aller plus bas, raisonna la bimbo. Le garçon le confirma, les secteurs techniques sont en-dessous.

5. Lucie quitta la cage d’ascenseur à son tour, un regard envieux vers le fond où l’on devinait la rampe d’accès. L’espoir.

6. On pourrait vérifier si la grille est bien fermée, fit-elle. Inutile, reprit le gamin en indiquant un bureau à deux pas.

7. Un moniteur montrait la sortie. Vous voyez ? L’épouse soupira. Pour quelle raison cet écran est allumé ? interrogea Gia.

8. Jerry, pensa le prêtre. Le concierge vérifia les portes coupe-feu des escaliers de secours. Toutes condamnées.

9. Comment on descend alors ? Il sourit et désigna un coin du parking. Gia haussa un sourcil: des voiturettes électriques ?

10. Ils se dirigèrent vers l’aire pourvue de bornes d’alimentation. Simple, pratique et ça se faufile dans les galeries.

–=| Acte 126 |=–

1. Voir la mère et sa fille l’une contre l’autre. Le moral de Doug fit un bond. Il faisait son boulot : sauver des vies.

2. Ensuite ? Les étages inférieurs, les malls et espace commerciaux concentraient le plus de résidents. Élise le confirma.

3. En bas, c’était un massacre. Mais avec le temps, les proies manqueraient sous l’action de tueurs à l’efficacité dopée.

4. Les lunettes, expliqua Mélodie. Des milliers de paires ont été livrées à la tour. Pas chez vous ? questionna Doug.

5. Le regard d’Élise plongea vers le sol. Nous sommes abonnés au service, je les ai aussi reçues. Le policier le comprit.

6. Cette femme au foyer, avait peut-être trucidé des voisins, des inconnus. Le cas de conscience se posa : l’arrêter ?

7. La loi s’appliquait en toutes circonstances, se rappela-t-il. Il appartenait à une court de déterminer les responsables.

8. La mère de la gamine n’était pas une meurtrière. Du reste, juger n’était pas son rôle. Tous vivaient une sale journée.

9. On ne doit pas rester ici, fit-il. Elles lui sourirent, pressées de partir et visiblement heureuses d’avoir de l’aide.

10. Doug ouvrit le chemin, avec un dilemme en tête : monter ou descendre ? Soudain la fillette se figea : Mr Dex ! Là !

–=| Acte 127 |=–

1. Les voiturettes filaient en silence à travers le parking chichement éclairé, entraînées par leurs moteurs électriques.

2. Franck sourit. Les visages de Gia et du concierge, ouverts, profitaient aussi de la balade, d’un moment de plaisir.

3. La crasse craquelait sous les traits étirés. 2 par véhicule. Gia et le concierge devant. À ses côtés, Lucie appréciait.

4. Les engins entamèrent la descente. La galerie les conduisit au niveau inférieur. Un autre parking. Ils continuèrent.

5. J’ai vraiment voulu la tuer, confessa alors l’épouse. Cela fait-il de moi une impie, damnée ? Franck haussa un sourcil.

6. Ils se jetaient dans l’antre d’un monstre, mettant leurs vies en jeu. Que ces questions surgissent ne l’étonnait pas.

7. Vous ne l’avez épargnée au final, faisant preuve de discernement à un moment dur. J’ose penser qu’Il en tiendra compte.

8. Les actes sont fondateurs, les intentions restent ce qu’elles sont : des intentions, affirma le prêtre pour la rassurer.

9. Et Jerry ? Quelles sont ses intentions ? demanda Lucie. S’interroger sur les motivations d’un tel esprit, pensa Franck.

10. Ça tenait d’une physique quantique. L’adversaire oscillait sur plusieurs états. Comme tirer la queue du tigre, fit-il.

–=| Acte 128 |=–

1. Preston, yeux rivés sur l’homme du Yum Swat, demeura immobile. Le policier possédait un M4 lui apprirent les glass-T.

2. À ses côtés, Michelle observait la même attitude raisonnable. Ils ne parcouraient pas deux mètres face à une telle arme.

3. Doug les tenait dans son viseur. Protéger les civils, son objectif. La femme s’agitait dans son dos : ne tirez pas !

4. C’est notre voisin, Preston Dex, souffla Élise. Les responsables de cela, ce sont les lunettes, les glass-T. Pas eux.

5. Et c’est sa femme, à côté de lui ? La mère de la gamine déglutit. C’est ma… mon amante. Doug enregistra l’information.

6. Sans la comprendre. Mélodie gardait le silence, collée à sa mère. Le mot était lâché. Elle tressaillit en l’entendant.

7. Comme un coup de couteau. Plus douloureux que les lames des tueurs aux glass-T. Elles s’enfoncaient moins dans la chair.

8. Le policier devait prendre une décision rapide : les abattre ou pas. Cette fichue journée se déroulait en mode binaire.

9. Vivre, mourir. Tuer, épargner. Aucune nuance entre ces polarités vitales. On va reculer, annonça-t-il. Doucement.

10. Preston les regarda s’éloigner. Les mots lui interdirent de les suivre. Pour le moment. Les cibles n’iraient pas loin.

–=| Acte 129 |=–

1. Les voiturettes stoppèrent au cinquième sous-sol. Le concierge descendit du véhicule de tête : voilà, nous y sommes.

2. Imité par les 2 femmes, Franck le rejoignit devant la double porte coupe-feu marquée d’un personnel autorisé seulement.

3. Au-delà, le cerveau, le coeur de la Tour. Énergie, informatique, tout partait d’ici, vers les étages jusqu’au sommet.

4. Les pieds irriguent la tête, fit Gia. Le front du garçon se rida: une configuration avantageuse sur un plan sécuritaire.

5. Jusqu’à ce que quelqu’un mette son pied sur l’artère principale, murmura Franck. Jerry se trouvait là, il le sentait.

6. Le concierge le regarda : à vous l’honneur, mon père. Le prêtre s’avança, poussa le battant. C’était ouvert. Il entra.

7. Sur le moniteur, en arrière-plan de la projection de ses glass-T, il vit son vieil ami. Le prêtre possédait un don.

8. Les deux femmes et le concierge l’accompagnaient. Franck suscitait l’empathie, attirait les gens de bonne volonté.

9. Une capacité dont lui même était dépourvu. Ou bien qu’il avait perdu. Les souvenirs se superposaient, se mélangeaient.

10. Peu importait, pensa Jerry. Il se tourna vers la rangée d’interfaces, se connecta à son armée prête pour le grand final.

–=| Acte 130 |=–

1. Le policier du Yum Swat marchait à reculons. Canon levé, il demanda des explications aux deux civils derrière lui.

2. Mélodie lui résuma son parcours: son voisin la poursuivait depuis ce matin. Il essayait de la tuer. Doug resta stoïque.

3. Une telle obsession relevait de la démence. Les lunettes en étaient responsables. Même la fillette les avait portées.

4. J’ai failli assassiner ma mère, confessa la fillette. L’intéressée réagit en posant une main sur l’épaule de sa fille.

5. OK, fit Doug. Vous n’êtes pas obligées de me dire tout ça. Nous devons descendre, rejoindre le rez de chaussée, et vite.

6. Élise stoppa : les étages inférieurs, là où il y a le plus de résidents. Et les accès sont bloqués, rappela Mélodie.

7. De sa poche de treillis, Doug sortit un cylindre d’aspect métallique pourvu d’un pressoir. Mél serra la main de sa mère.

8. C’est quoi ? Une fois en bas, j’ouvrirai un passage, promit le policier, à l’ancienne. Une perspective peu rassurante.

9. Ils localisèrent une issue de secours, enfilèrent les escaliers. Les lèvres de sa mère remuaient, nota Mél. Elle priait.

10. Michelle et Preston gagnèrent l’ascenseur panoramique. Les portes s’ouvrirent. Ils arriveraient en bas avant les cibles.

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3000 pieds – sommaire

Le grand-Hozirus - Neil Jomunsi Auto-édition - Ebook Projet Bradbury N° 5 Couverture : Roxane Lecomte

Le grand-Hozirus – Neil Jomunsi
Auto-édition – Ebook
Projet Bradbury N° 5
Couverture : Roxane Lecomte

Le grand-Hozirus 

Le pitch : Comment garder les pieds sur terre quand on est à la tête de l’église la plus puissante du monde, que des hordes de fidèles se pressent pour se prosterner à vos pieds et que vous vivez dans un palais digne des Mille et Une Nuits ? En résumé… c’est difficile. Pourtant, le Grand-Hozirus a pris une décision courageuse qui, à terme, devrait modifier le cours de l’Histoire… et peut-être changer par la même occasion la place qu’il y occupe. Un nouveau commencement ?

C’est une nouvelle pleine d’humour et de vivacité que Neil Jomunsi nous proposait vendredi dernier. Le Grand-Hozirus , à qui Neil Jomunsi a trouvé tout un tas d’autres noms donnés par les fidèles :

Notre bien aimé Prophète, Messager des Volontés Célestes, Terrifiant Miracle des Vérités Indicibles et Juge des Divinités, le Grand-Hozirus, nous fait l’honneur de visiter notre plateau.

tient ce jour-là à faire une révélation en direct à la télévision.

Je pense que rien qu’à chercher des surnoms à son « héros » l’auteur s’est sans doute amusé comme un petit fou.

Mais sous couvert d’humour, Neil Jomunsi dénonce la naïveté de la masse, la facilité avec laquelle un mythe, une religion peuvent être créés. Le Grand-Hozirus lui-même sera avec ahurissement confronté à son destin de Dieu qui lui échappe. Et à ce moment on ne peut que penser en quelque sorte : « à qui va profiter cette manipulation ? »

Cette 5ème nouvelle du Projet Bradbury est encore une fois une très belle réussite. On s’y amuse, et on s’interroge. Quelle pourrait-être la suite des aventures de notre « héros » ?

Vous pouvez l’acheter pour 99 cts € par exemple sur Kobo , Smashword et Amazon

L’avis de Chti_suisse sur son blog 

Une jolie chronique sur le blog L’avis de Deidre 

Une autre chronique chez Claire Billaud 

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Le blog dédié au Projet Bradbury hébergé par ActuaLitté

Le blog de Neil Jomunsi