3000 pieds – actes 81-90

3000 pieds – sommaire
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–=| Acte 81 |=–

1. Michelle, commença sa mère. Mélodie se tint en retrait, sans illusions. Les porteurs de glass-T ignoraient les appels.

2. Nous avons besoin d’aide. L’amie de sa mère resta immobile à l’extrémité de l’ilot central. Mélodie se prépara au pire.

3. Dans sa tête, l’itinéraire de fuite empruntait le salon, un bout de la terrasse jusqu’à la porte vitrée du couloir.

4. Pourquoi n’attaquait-elle pas ? Ne restons pas là, fit Mélodie à sa mère qui tentait malgré tout de raisonner son amie.

5. La lame que Michelle dissimulait dans son dos apparut soudain. Élise réprima un cri. Mélodie l’entraîna sans attendre.

6. Les deux femmes s’enfuirent, à toutes jambes, sans remarquer que Michelle n’avait pas bougé, un rictus sur les lèvres.

7. Sur la terrasse, Élise colla au mur. Mél poussa la porte-fenêtre, haletante. Elles se retrouvèrent dans le vestibule.

8. La sortie droit devant, quelques mètres. Elles parvinrent sur le palier. C’était un peu trop facile, se dit la fillette.

9. Elle tira sur la poignée : eut un mouvement de recul soudain, sa mère la percuta et se retrouva au sol, poussa un cri.

10. Mr Dex ! Michelle surgit hors de la cuisine. Prises en tenailles, Élise et Mélodie se blottirent l’une contre l’autre.

–=| Acte 82 |=–

1. L’individu était résolu à en découdre, un comportement différent de celui de l’inconnu du 240ème. Mais pas de Nicholas.

2. Le soldat ne l’avait pas lâché, jusqu’à ce qu’il le tue. Fallait-il en venir là ? Doug s’en tint à la sagesse : repli.

3. Il courait, gardant son poursuivant à distance. Les escaliers, localisa-t-il. Il poussa la porte, descendit au 235ème.

4. Après des années au Yum Swat, il avait tout vu, tout connu. Ce qu’il avait sous les yeux dépassait l’entendement.

5. Son pouls s’accéléra à la vue des traînées cramoisies. Il croisa une jambe, un avant-bras. Une mare de sang. Des doigts.

6. L’individu apparut à son tour. Il s’arrêta, hache entre les mains. Doug ne le perdit pas de vue, tout en progressant.

7. Deux corps, en partie démembrés, gisaient après un croisement. Il conserva le même professionnalisme qu’en opération.

8. Son esprit criait à la folie. Son entraînement lui intimait de garder son sang froid. Il visa un troisième cadavre.

9. Il le réalisa soudain : les traits similaires. Les victimes appartenaient à la même famille. Doug déglutit : bon dieu…

10. Il ne s’arrêta pas, continua son incursion macabre. La tour ressemblait moins au paradis qu’à un enfer dans les nuages.

–=| Acte 83 |=–

1. L’épouse humiliée, meurtrie: une hantise. Deséspérées, leur comportement devenait imprévisibles, des femmes dangereuses.

2. Lucie vida son sac, évoquant un mari dont seule la fortune intéressait une profesionnelle comme Gia. La bimbo inspira.

3. Ils vont arriver, on doit monter, souffla-t-elle. Pour toute réponse, la pression de la lame sur sa peau augmenta.

4. La femme se colla à elle: je monte, toi tu restes. Avec eux. Maintenant recule ! ordonna-t-elle. La Yum Girl s’exécuta.

5. Lucie prit place sur la plateforme. Les résidents approchaient. Allez en enfer ! lança-t-elle, en débutant la montée.

6. La voiturette parcourut la vingtaine de mètres en un instant. Le garçon freina mais à cette vitesse, il percuta le fond.

7. La horde fondit sur lui. Tueurs, lunettes sur le nez, armes diverses en main, poussés, guidés par une sorte de démon.

8. Il reprit ses esprits, trouva la commande sur le tableau de bord. La double porte se referma aussitôt le bouton pressé.

9. Pourvu que ce truc descende ! pria-t-il, avec l’espoir de sortir de ce cauchemar. Mais l’ascenseur ne bougea pas.

10. Il entendit le bruit terrifiant. Des dizaines de poings en train de cogner le métal d’une cage dont il était prisonnier.

–=| Acte 84 |=–

1. Mère et fille, réalisa Franck, en les observant via les glass-T de l’homme. L’une avait chassé l’autre et vive versa.

2. Laisse les partir, demanda-t-il à Jerry. Ces sacrifices ne sont pas nécessaires. À l’image, la fillette se leva soudain.

3. Mélodie eut une idée folle. Sa mère tenta de la retenir. Non Mél ! Elle s’écarta, s’avança vers Mr Dex, sans réaction.

4. Le front du prêtre se rida. Elle ressemblait… à la fille de Jerry. Même frimousse ovale encadrée de boucles brunes.

5. Elle stoppa à portée de lame. Mr Dex, entendit Franck, je sais que ce n’est pas vous, que c’est à cause des lunettes.

6. Jerry…fit-il, exploitant la situation, tu ne vas pas tuer ta propre fille ? Un pari risqué. Le face à face perdura.

7. Élise réfléchit. Avant d’emménager à la tour, Michelle avait tenu une bijouterie. Un commerce convoité. Dangereux.

8. Elle visa le grand placard, juste devant. Elle l’ouvrit: 6 étagères. La dernière hors de vue. Elle opta pour l’escalade.

9. Que faisait la mère ? Il la vit grimper sur les deux premières étagères, puis extraire une boite. Franck s’interrogea.

10. Élise jubila : l’arme s’y trouvait peut-être. Il fallait des clefs. Elle regarda Michelle : les gardait-elle sur elle ?

–=| Acte 85 |=–

1. Les ascenseurs de la tour possédaient tous des trappes, même les panoramiques extérieurs. Le garçon quitta l’habitacle.

2. Il grimpa sur le toit du véhicule, souleva le panneau. L’inconvénient : la montée comme unique option. Mieux que rien.

3. Debout sur la cabine, il réalisa qu’elle ne s’arrêtait pas à tous les étages. Uniquement ceux réservés aux livraisons.

4. Il était au 49ème, réfléchit-il, le café terrasse au-dessus. Le mall s’étendait du 41ème au 51ème. Il leva la tête.

5. Il ne perçut pas d’issue au 51ème. Bordel ! Où se trouvait la suivante ? Il hésita, la grimpette risquait d’être longue.

6. Avait-il le choix ? Ça ou attendre que s’ouvrent les portes. Le concierge s’élança à l’assaut des poutres et câbles.

7. Gia recula. Les résidents se pressaient dans l’étroite galerie, une question de secondes. Au-dessus, Lucie l’observait.

8. La bimbo toucha la crosse de son vieux 38. Abattre le premier ? Elle ne les tuerait pas tous, impossible. Trop nombreux.

9. Les porteurs de glass-T fonçaient vers elle. Gia brandit l’arme, tira en l’air. Le coup résonna dans l’espace clôt.

10. La foule de tueurs stoppa nette. Elle pointa le premier, afro-américain, à bout portant. Un inconnu. Lucie cria : Non !

–=| Acte 86 |=–

1. Les clefs, s’interrogea Élise en scrutant son amie à distance. La fouiller ? N’y pense même pas semblait-elle dire.

2. Mélodie tentait de raisonner Mr Dex, aussi réceptif qu’une gargouille sur son pilier. Pourquoi n’attaquaient-ils pas ?

3. La cible le fixait. Bras tendu, Preston saisirait rapidement le cou. Une option que lui refusait la rivière des mots.

4. Les clefs sont sur l’autre femme, révéla Jerry. La mère hésitait, cherchant le courage pour l’affronter, devina Franck.

5. La gamine a plus de cran, analysa Jerry d’une voix amusée. Libére-les ! Franck le voyait : la situation finirait mal.

6. Élise se redressa, avança vers Michelle. Devant elle, elle essaya d’apercevoir ses yeux derrière les glass-T. En vain.

7. Elle prit la main ensanglantée de son amie, caressa l’avant bras couvert de croûtes marrons. Maman, non ! entendit-elle.

8. L’épaule, le cou, la bouche. Élise se pressa, à un souffle: j’en ai besoin, Michelle, ma chérie…Puis elle l’embrassa.

9. La scène du point de vue de Michelle était…stupéfiante, songea Franck, médusé. Jerry ne commenta pas, pris de court.

10. Son amie la repoussa soudain. Élise recula. Poings refermés, sur la chainette. Le tour de passe-passe avait fonctionné.

–=| Acte 87 |=–

1. Quelque chose clochait, songea Doug. L’inconnu ne le suivait plus. Sur ses gardes, il arriva devant une porte coupe-feu.

2. De l’autre côté n’importe quel danger pouvait surgir. M4 dans une main, l’autre sur la poignée. Il inspira. Poussa.

3. Le couloir déservait trois somptueuses entrées à colonnades, des appartements de luxe typiques au delà du 200ème étage.

4. Habités par des couples sans enfants ou ces derniers devenus adultes, parfois de jeunes fortunés. Peu d’élus en réalité.

5. Moins de monde, moins de danger. Doug ne visita pas les mini-palais. Plus loin, il tomba sur un ascenseur panoramique.

6. Combien y-en avait-il ? Il se remémora le plan : un sur chaque face. Le N au fronton : Nord. Il entra dans la cage.

7. Impressionné, il fixa le tapis cotonneux en contrebas, la sensation de se trouver à bord d’une nacelle stratosphérique.

8. Le soleil au zénith illuminait la cime des nuages. Pas le moment, dit-il. Doug se retourna vers le panneau de commandes.

9. Il le vit alors. L’inconnu à la hache fonça vers lui. Doug appuya rageusement sur le bouton de fermeture. Sans effet.

10. Rien ne fonctionnait. Acculé, à court d’options. Il épaula son M4, centra l’homme qui courait. Doug pressa la détente.

–=| Acte 88 |=–

1. Le concierge s’accorda sa 3ème pause, à califourchon sur une poutrelle, le front dégoulinant, bras et cuisses endoloris.

2. Il n’était pas le genre qui fréquente la salle de sport. Il évalua le temps jusqu’à la sortie. Un court calvaire encore.

3. En-dessous, la trappe dessinait un carré de lumière dans les ténèbres. Il se demanda si les deux femmes s’en sortaient.

4. Le tir de semonce avait produit son effet. Les porteurs de glass-T restaient figés. Gia ne baissa pas le 38 pour autant.

5. Lucie la vit appuyer sur le bouton d’appel. Elle comprit que la catin allait s’en sortir. Et qu’elle même était coincée.

6. Baies obturées par les volets, la salle sombre comme terrain de duel. Le monte-charge s’ébranla avec la bimbo armée.

7. Gia fut accueillie par le silence. Sa tête émergea du comptoir. Lucie avait disparue. Elle rengaina le 38, se redressa.

8. Elle était là, cachée. La Yum Girl contourna le zinc : écoutez, je suis désolée. Pour votre mari. Je sais que c’est dur.

9. Elle dépassa une rangée de tables. Consciente de s’exposer. Lucie surgit dans son dos : Non, tu sais rien, salope !

10. Chaises renversées, chute douloureuse, Gia se retrouva sous une furie aux yeux illuminés de colère. Le genre à tuer.

–=| Acte 89 |=–

1. Maman ! C’était quoi ça ? Tu l’as embrassée ! Élise brandit sa prise : j’ai les clefs. Dans la boîte, il y a une arme.

2. T’es dingue ? lança Mél. Tu veux descendre notre voisin ou ta…copine ? Élise s’accroupit, ouvrit le coffret: un 9 mm.

3. Michelle et moi avons partagé une expérience. C’était étonnant, fit-elle en soupesant l’arme. Mélodie n’en revint pas.

4. Maman ! Tu sais t’en servir ? On a pris des cours, ensemble, sourit sa mère sous le regard impassible des deux tueurs.

5. Franck comprit de suite où Jerry voulait en venir : le sacrifice. Elle devrait choisir entre son voisin et son amante.

6. Qui va-t-elle choisir à ton avis ? interrogea la voix. Jerry… On est pas obligé. Tu peux éviter ça, le coupa-t-il.

7. Le cœur de Franck rata un battement: moi ? Ne devais-je pas te voir comme l’ange qui arrête le bras armé ? Montre-moi.

8. Pareil qu’au stand, sauf que Michelle ne soufflait pas dans son cou et les cibles, réelles. Tu veux les tuer ? fit Mèl.

9. Nous n’avons pas le choix, rétorqua Élise qui pointa son voisin. Je suis désolée, mumura-t-elle, la main tremblante.

10. Preston parla, mais les mots étaient ceux d’une autre personne : ne tirez pas ! Je m’appelle Franck, je vais vous aider.

–=| Acte 90 |=–

1. Malgré l’inefficacité des coups, Lucie lâcha tout ce qu’elle retenait depuis longtemps. Les insultes pleuvaient aussi.

2. La Yum Girl fit barrage de ses bras, sans riposter. D’un mouvement du bassin, elle reprit le dessus, bloqua la furie.

3. J’ai dit que j’etais désolée ! Elle appuya sur les poignets: maintenant écoutez-moi ! Un bruit mécanique, elle se figea.

4. Le monte-charge ! Quelqu’un arrive. Lucie en profita, asséna un coup de genou. Gia bascula, sa tête heurta le sol.

5. En panique, Lucie se précipita à l’entrée, tambourina sur la vitre obturée. Un porteur de glass-T émergea du comptoir.

6. Un autre ne tarderait pas. La cage n’offrait qu’une seule place. Une chance. Elle vit le 38 parterre. Elle se ressaisit.

7. Enfin ! expira le concierge à bout de souffle. Il répéra le dispositif d’ouverture manuelle. Les portes coulissèrent.

8. Une aire de livraison, modeste local collé à une plateforme de bureaux et services. Des lieux de travail. Dangereux.

9. Sa tête glissa par l’ouverture: personne, une allée de portes vitrées marquées de logos colorés et numéros. Voie libre.

10. Des open-spaces. Vides. Un mauvais signe. Le garçon s’arrêta: au bout du couloir, une mare rouge, tel du miel pétrifié.

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