Lait noir d’Elif Shafak

Editions Phébus – Littérature étrangère
Paru le 27/08/2009 – 348 p – 22.30 €
Traduit du turc par Valerie Gay-Aksoy

Une amie m’avait parlé de cet auteur, Elif Shafak, de façon tellement alléchante que, tout de suite, j’ai regardé dans les rayons de la bibliothèque si un de ses romans y figurait. C’est ainsi que j’ai eu le plaisir de  lire Lait noir.

J’avais déjà eu l’occasion de lire des romans sur le désir d’enfant mais encore jamais sur la dépression post-partum ( à ne pas confondre avec le baby-blues ).Dans ce roman, Elif Shafak s’interroge : une femme écrivain peut-elle avoir des enfants ? Les deux conditions, maman-écrivain, sont-elles conciliables ? Elle nous expose le dilemme auquel elle a été confronté, nous dévoilant de façon amusante ses personnalités intérieures qui se livrent une bagarre parfois intense. Ces petites bonnes-femmes à qui elle a donné des noms comme Miss Cynique intello, Miss Ego ambition, Miss Intelligence pratique, Dame Derviche, Maman Gâteau et Miss Satin Volupté ne l’aident pas toutes à résoudre ses interrogations, au contraire certaines se plaisent à la laisser en plein désarroi.

L’auteur cite des exemples d’auteurs ayant eu des enfants ou ayant  fait le choix de ne pas en avoir : Sylvia Plath, Zelda Fitzgerald, Doris Lessing, Virginia Woolf ,J.K Rowling …

C’est drôle et touchant, ça respire la sincérité. Ces petites femmes ne font pas toutes leur apparition en même temps parce qu’il faut du temps pour s’apprivoiser et se connaître. Il faut de l’audace pour  prendre le risque de laisser s’échapper de soi ce qui est encore inconnu et qui peut faire peur.

Elif restera prostrée dans la dépression durant 10 mois : le lait noir s’es tari. Un mauvais Djinn, celui des contes de son enfance turque, retient en otage les petits personnages intérieurs. Elle parviendra à le chasser en acceptant d’être telle qu’elle est sans s’ajouter de poids supplémentaires. Les super-mamans, les super-épouses, ça n’existe pas.

En lisant ce roman-essai-autobiographie, je me suis demandée comment les écrivains ( et plus largement les artistes ) parviennent à élever leurs enfants tout en se consacrant à leur passion. Franchement, ça ne doit pas être évident de s’octroyer du temps, surtout lorsque les enfants sont encore des bébés, à moins de pouvoir s’offrir une nounou ou d’avoir une place en crèche ? Mais lorsqu’on n’est pas encore (re)-connu l’argent ne doit pas couler à flot.

Une première rencontre positive pour ce qui me concerne, cependant comme il ne s’agit pas d’un roman à proprement parler, je lirai certainement un autre titre : La Bâtarde d’Istanbul ou Bonbon palace dont j’ai reçu de bons échos.

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