Le cimetière des éléphants d’Isabelle Bouvier

Le cimetière des éléphants. Isabelle Bouvier  Auto-édition  Réalisation Passeurs-de-savoirs ebook

Le cimetière des éléphants. Isabelle Bouvier
Auto-édition
Réalisation Passeurs-de-savoirs
ebook

Le cimetière des éléphants

La présentation de ce recueil par l’auteure :  » 20 nouvelles à la fois drôles, émouvantes et parfois surprenantes.Un médecin et son patient, un chat, des vieilles filles luttant contre la solitude du monde moderne, deux copains quinquagénaires, quelques retraités rebelles, un artiste tourmenté, une victime de la mode, une avare, de jeunes mariés, des couples improbables, une voyeuse, une enquête surnaturelle, une quête de filiation… et tant d’autres aventures, comme autant d’instantanés de vies, parfois loupées.Une galerie de personnages au destin incertain, à visiter sans modération  » 

Dans ce billet, je ne citerai pas toutes les nouvelles de ce recueil car certaines sont extrèmement courtes et il me serait difficile d’en parler sans trop en dévoiler.

Sables : Un vieillard est amené par les pompiers à l’hôpital serrant dans son poing un carnet. Le médecin a son chevet va le lire afin d’essayer de s’expliquer le mal de son patient. Il s’agit d’un carnet intime, en y remontant le fil du temps, le médecin va apprendre que son patient a fait la guerre d’Algérie. Tout est consigné des horreurs perpétrées.

Point de retraite : C’est une femme de 44 ans qui s’adresse à nous dans cette nouvelle. Elle repense aux projets de retraite qu’elle faisait étant plus jeune : la maison en bord de mer, de plain pied car on est moins mobile avec la vieillesse, et puis un jardin pas trop grand. Mais voilà, la vie joue des tours et le médecin lui annonce tranquillement que, non, il n’y aura pas de lendemains. Comment va-t-elle réagir face à ce cruel destin ?

Paul et Polo : Paul, la cinquantaine flamboyante mariée à Sylviane est en manque de sensations, d’aventures et de sexe pour tout dire. Polo, quasiment du même âge, est aux yeux de son épouse Ginette, une chiffe molle qui n’apporte dans leur couple aucune surprise mais, elle l’a alors elle le garde. Ces deux-là se retrouvent souvent au bar autour d’un pastis. Y en a marre de cette vie, faut-il en accepter la fatalité ?

Le bonheur portable : La narratrice a 46 ans, elle vient de changer d’emploi et ne connaît personne dans cette ville. Evidemment, le célibat rend suspicieux « Vous n’êtes pas normale, solitaire et bizarre, voire dangereuse ! Vous êtes un être sauvage, pire, un être asocial ! »

Son mot d’ordre est Communication, direction le magasin de téléphonie mobile pour acheter un smartphone, cet engin qui semble ravir les jeunes et jolies femmes qu’elle croise dans la rue.

Une des nouvelles que j’ai préférée tant l’auteur y joue de l’humour tout en étant hyper réaliste.

Pétunia : Sophie contrairement à son habitude va seule au marché. Pétunia est malade. Elle se fait du souci car la retraite ne suffit pas à payer les examens médicaux de Pétunia. En plus, Pétunia la boude lorsqu’elle rentre à la maison. Que se passe-t-il ? Pourquoi ce silence ?

Marguerite : La mari de Marguerite, Albert est décédé. Ils ne se sont jamais quittés, ils ont été résistants ensembles et voilà que Marguerite est seule, sans enfant.

Que s’est t-il passé avant cette mort jusqu’à ce coup de fil qui a tant bouleversé Marguerite ?

Hortensias : Maria vit en Bretagne dans une maison que les habitants ont surnommé « La glacière ». Maria est pingre, personne ne comprend bien pourquoi. Elle s’impose une vie difficile jusqu’à manger le pain de la veille pour ne pas jeter. Son dada courir les bonnes affaires. La dernière en date : une stèle. Quel tour nous joue l’auteure dans cette nouvelle bien noire ?

Le cimetière des éléphants : « Ils étaient assis tous les cinq devant la télévision de la salle commune. Assis n’est pas le mot juste, avachis plutôt. Ils étaient comme des zombies, leurs yeux vides fixaient l’écran, avalant le programme que l’infirmière leur avait choisi, une émission sur les éléphants. »

Ils sont devant cet écran dans L’ensoleillade leur maison de retraite. Violette se fâche et la discussion commence avec ses amis Amélia, Alphonse, Poucette et Hugues. La vent de la révolte gronde ! A qui mieux mieux ils réclament un autre programme. Ils ne sont pas des éléphants, leur heure n’est pas venue. Les vieux veulent le respect de leur personne, veulent qu’on les traite avec dignité, ils ne sont pas des bébés. Comment se manifeste la rébellion ? Parviendront-ils à leur fin ?

Mémé a du poil aux pattes : La narratrice a juste quinze ans, elle est jolie c’est ce que lui dit sa mémé qui est désormais veuve. La gamine aime bien espionner, peut-être écrira-t-elle des romans policiers lorsqu’elle sera adulte. En tous cas, elle surprend ses parents se demandant si Mémé a quelqu’un dans sa vie. « Pas possible Mémé a du poil aux pattes » ses mots lui sortent de la gorge et ont l’avantage d’amuser ses parents. Curieuse, elle décide de suivre sa Mémé jusqu’à lui piquer un courrier dans sa boîte aux lettres. Est-il toujours bon de vouloir en savoir tant ? Quel est donc ce courrier qui l’intrigue au plus haut point ?

Au final, un recueil sympathique mais inégal. Certaines nouvelles étaient à mon goût vraiment trop courtes. Une remarque, il est dommage que la fin de certaines soit tellement prévisible, heureusement l’humour et la façon de traiter le sujet permettre de faire passer ce léger désagrément.

Toutes ces nouvelles plongent dans l’humanité, la famille, la quête de soi, frôlant parfois le fantastique.

En tous cas, Isabelle Bouvier a une belle écriture, beaucoup d’humour et un regard pertinent sur les arrangements entre humains.

A découvrir.

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6 commentaires

  1. Bonjour,
    je perds vite dans ton blog. Je me laisse emporter de pages en pages et ne retrouve plus ce qui me tentait ;-).
    Ce recueil me tente beaucoup. Je ne lis pas beaucoup d’e-book, je préfère le papier. Et quand j’utilise mon kindle dans une salle d’attente , be oui j’y suis souvent, je n’arrive pas à me plonger dans un livre. Celui ci me parait bien adapté. Bien écrit et fait sourire en plus….que demander de plus?
    Bises

    1. Bonjour, Oui un recueil de nouvelles est l’idéal en salle d’attente et comme tu l’as justement vu ici Isabelle Bouvier nous fait aussi bien sourire 🙂 J’espère que tu me diras ce que tu en auras pensé.
      Merci d’être passée, tu es une fidèle lectrice de mon blog, ça me touche. Bise 🙂

  2. Je pars samedi pour 2 semaines en prenant soin, en claquant la porte, de laisser une bonne partie de mes soucis dans la maison. Je fais donc mes petites « courses » littéraires et reviens donc à ce livre. J’ai retenu aussi « échappées belles au pays des songes ». Tu sais que j’aime ton blog mais il m’est parfois difficile de choisir car je n’aime la lire la quatrième de couverture. Mais je vais continuer à fouiner 😉
    Bises

    1. Ho je te souhaite de bien te détendre 🙂 tu restes en France ? Dans quel coin vas-tu ?
      Echappée belle au pays des songes est une bien belle réussite pour ce premier roman.
      Je vais essayer de ne plus trop citer les 4èmes de couverture dans ce cas 😉
      J’espère que tu passeras un bon moment de lecture avec ces deux titres. Tiens moi au courant de ce que tu en auras pensé. Bises

  3. Bonsoir,
    j’ai mis un peu de temps à poster ce commentaire, j’avoue. Mais j’ai retrouvé ma petite vie médicale dès mon retour et surtout, je voulais prendre le temps de jeter un oeil sur chaque nouvelle.
    J’ai aimé ce recueil même s’il est effectivement très inégal. La première partie, jusqu’au « cimetière des éléphants, est très agréable ». N’y sont traités que des sujets graves: la trahison, la perte, la solitude, la vieillesse. Tout ceci traité avec humour, beaucoup de finesse. Belle écriture qui nous donne souvent l’impression de voir la scène. J’avoue que ce dernier critère est très important pour moi. j’aime être « emportée » par un récit. je sens, je vois, ressens l’atmosphère…..tout est palpable.
    Mes 3 petites préférées: « Sable », « pétunia » et « trahison ».
    Bises

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