Je suis une lectrice.


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Quelques bibliothèques dans mon chez moi.

Quelques bibliothèques dans mon chez moi.

 

L’origine de ce billet est sur un statut Facebook, celui de Fabrice Colin sur lequel est intervenu Julien Simon annonçant qu’il est en train de traduire en français Le roi en jaune de Robert W.Chambers appartenant au domaine public et qu’il souhaite en proposer une version numérique gratuite. Honnêtement, je ne connaissais absolument pas l’auteur et encore moins l’oeuvre donc, mais les réactions m’ont donné furieuse envie de découvrir.

C’est avec un poil de consternation que j’ai lu certains commentaires de la part de «  professionnels ». Cette levée de boucliers a entraîné des articles l’un de Neil Jomunsi ( Julien Simon )  l’autre de Julien Morgan .

Il se trouve que Le Roi en jaune est en vente chez Malpertuis

Pourquoi cette montée en puissance de réactions négatives à la limite du respectueux ? Qu’en pensons-nous, nous lecteurs de cette affaire ? Je vais parler en mon nom.

Après tout, je n’ai aucun scrupule à télécharger du libre et gratuit sur noslivres.net par exemple. Est-ce que pour autant je vais culpabiliser parce que des traducteurs, des illustrateurs ont bossé sur les titres payants ? Non, sûrement pas.

Les personnes qui donnent accès à ces titres libres et gratuits font un gros travail, et là je ne parle pas que de la traduction, de la mise en page etc, je parle de la mise à disposition d’un patrimoine culturel commun, à sa propagation pour l’intérêt de tous, pour le bien de la culture. Et surtout, au fond de moi une petite voix susurre à mon oreille, c’est ça l’égalité d’accès, pas besoin d’avoir le porte-monnaie ouvert et toutes les familles chanceuses qui ont accès à internet peuvent s’offrir une part du patrimoine mondial ( sous certaines conditions ).

Alors pourquoi sous prétexte qu’un éditeur, un traducteur, un illustrateur ( et tous les autres acteurs de cette chaîne) ont bossé sur une version papier de l’ouvrage je devrais culpabiliser de me diriger vers une version numérique gratuite ?

Prenons l’exemple de Lovecraft. J’en ai plusieurs livres papiers, et d’autres en numériques que je n’ai pas achetés, et depuis peu existe grâce à François Bon The Lovecraft Monument qui propose pour un abonnement de 11 € l’accès en continu à tout son contenu ( riche et varié ). Encore plus surprenant direz-vous le fait qu’un accès gratuit me soit proposé ne me fera pas reculer devant un achat par la suite. Pourquoi ? La lectrice en moi cherche la découverte, se fait souvent menée par le bout du nez par sa curiosité vorace et insatiable.

Aussi la mise à disposition gratuite de certains textes me permet-elle de «  défricher » en quelque sorte. C’est en cela que j’approuve le billet de Julien Morgan « Est-ce que proposer du gratuit permet de vendre plus de payant ? Oui ou non. Impossible de savoir avec certitude si un lecteur achète un ebook parce qu’il a été convaincu par le gratuit. »  Ce qui est certain, c’est que les éditeurs qui proposent du gratuit donnent un aperçu de leur travail ( je résume à éditeurs mais vous m’aurez comprise ) et que ce travail s’il est bien fait, et s’il correspond à ma vision en tant que lectrice m’incitera probablement à chercher un titre que je payerai volontiers. Encore une fois, je cite Julien Morgan « Un lecteur qui télécharge gratuitement, c’est un promoteur de plus de votre travail (et de celui de l’auteur). Pour peu que vous fassiez votre boulot sérieusement. »  Ça semble tomber sous le sens, eh bien il faut croire que non pour certains professionnels.

Je n’aime pas utiliser des termes commerciaux pourtant il faut bien en passer par là. Ce qui me fait souvent sourciller d’ailleurs, c’est de me voir qualifier de «  cœur de cible », « masse », « consommatrice », « cliente » mais si au moins tout cela rendait service à ces professionnels ce serait bien, si de tout cela découlait une offre véritable, un vrai respect,souci du lectorat mais non, que nenni …Encore plus exaspérant, sous prétexte que les lecteurs n’y connaissent (-traient ) rien, n’appartiennent pas à ce sacro-saint milieu ils n’auraient qu’à se taire et se garder de toutes interventions sur le sujet. Bon à racker mais pas à suggérer, pas à critiquer …quel comportement édifiant. Ah si j’oubliais, le lecteur peut voter pour des œuvres,des auteurs …ça, par contre le moment venu on sait bien nous trouver, et ça brosse, ça lustre, ça appâte…

Honnêtement, il y a un comportement rapace dans toute cette histoire qui a tendance à me révulser.

Je ne peux pas clore ce billet ( rédigé un peu à l’arrache et à peine structuré mais Stéphane Desienne  et quelques uns m’ont dit que c’est pas plus mal;) ) sans aborder l’auto-édition tant décriée, et souvent méprisée, fort injustement d’ailleurs.

Parce qu’un artiste, ici un auteur ose se lancer seul la qualité de son œuvre serait médiocre et il nuirait à ce sacro-saint monopole de l’édition ? Voyons voir un peu de mon expérience personnelle sur ce sujet. Je lis régulièrement des auto-édités sans sauter au plafond devant les fautes d’orthographe, leurs récits sont la plupart du temps bien fichus. Après c’est comme partout, une question de goûts et de couleurs. Ceci dit, il m’est arrivé de lire des ebooks truffés de fautes, mal fichus proposés par des maisons d’éditions et parfois même d’avoir tiré la sonnette d’alarme en disant: Vous ne pouvez pas le laisser à la vente dans cet état. Pauvre auteur édité qui n’a même pas bénéficié du travail d’un relecteur, d’un correcteur.Alors ? Tout ça pour dire, personne n’est à l’abri d’une coquille même un éditeur aussi prestigieux soit-il.

J’ai beaucoup de respect pour tous les acteurs de la chaîne du livre ( libraires inclus évidemment). Le fait d’acheter du libre et du gratuit ne me rend pas coupable vis à vis de ce monde littéraire. Ce n’est pas à moi, nous lecteurs, de nous remettre en cause mais bien à vous tous de réfléchir avec nous à un avenir plus fleurissant qui ne pourra que réconcilier chacun avec l’amour du lire et de la découverte. Moi, lectrice, je veux avoir le choix.

Je ne suis pas une consommatrice de livre, j’en suis lectrice, je les aime et les respecte quelque soit leur forme (at ).

Ce billet est incomplet, j’en suis consciente. J’ai essayé de retranscrire du mieux possible mon sentiment, mes attentes et mes espoirs.

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2 commentaires

  1. Je suis comme toi, le gratuit m’aide à découvrir un nouvel éditeur, un auteur, une œuvre. Si je suis séduite, je paierai pour retrouver le même plaisir dans d’autres ouvrages. Je suis même capable d’acheter une belle édition de préférence à un poche.

    1. Hé oui je pense que nombreux sont les lecteurs à penser comme nous. Tiens au Salon du livre, je me suis offert chez Interférences le très beau L’homme Hanté de Charles Dickens, pour ce qui concerne le libre. Je n’hésite pas non plus à cumuler parfois la version papier et la version numérique d’une oeuvre contemporaine.
      Le gratuit est une bonne idée, un bon concept en aucun cas il ne doit servir d’argument pour déprécier quoique ce soit ou qui que ce soit.

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